Envie d’emprunter les routes cyclistes comme pèlerin ? Découvrez 5 sites chrétiens en lien avec le vélo !


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Envie d’emprunter les routes cyclistes comme pèlerin ? Découvrez 5 sites chrétiens en lien avec le vélo !
Ce samedi 4 juillet, le peloton du 113ème Tour de France s’élancera de Barcelone. À quand une étape à Ghisallo, le sanctuaire des cyclistes ? (c) Wikimedia/Pexels
Par Julien Panneels (st.)
Publié le
5 min

Les vacances démarrent et pour de nombreux Belges, c'est synonyme de longues après-midis passées à suivre le Tour de France. Cette année, les coureurs ne s'arrêteront pas à Lourdes ... mais nous vous proposons quand même de découvrir certains sanctuaires ou chapelles en Belgique, en France ou en Europe étroitement liés au cyclisme et même plus précisément au Tour de France. Et savez-vous qui est la sainte patronne des cyclistes ?

En suivant la 1ère étape du Tour de France 2026, les téléspectateurs pourront notamment admirer la Sagrada Familia. Les coureurs s’y rendront-ils avant le départ y déposer leurs prières pour obtenir la victoire ou éviter les chutes ? Ou peut-être sont-ils passés par un des sites associés particulièrement aux cyclistes. Nous vous en faisons découvrir cinq.

Notre-Dame d’Oudenberg : la chapelle qui veille sur les flandriens

Commençons sur les routes belges, direction la Chapelle Notre-Dame d’Oudenberg qui est située au sommet du Mur de Grammont. Les passionnés des classiques flamandes l’aperçoivent régulièrement sur le bord des courses comme le Tour de Flandre. De style néo-baroque, l’édifice actuel a été érigé en 1905-1906 à l’emplacement du lieu de prière d’un ermite (1294) puis d’une chapelle (1640). C’était également un passage pour les pèlerins venu se recueillir devant l’effigie de Notre-Dame. Nous pouvons encore y admirer une statue en bois de la Vierge Marie datée de la première moitié du 17ème siècle.

Au sommet du Mur de Grammont se dresse Notre-Dame d'Oudenburg. (c) Wikimedia

Chemin des chapelles : le chemin de Croix wallon des cyclistes

Si vous êtes plutôt fan des classiques ardennaises, alors vous connaissez le Mur de Huy, côte gravie à trois reprises durant la Flèche Wallonne, dont l’ascension décisive vers la ligne d’arrivée depuis 1985. Les derniers hectomètres se situent en réalité sur le « chemin des chapelles » dont le nom vient des 6 chapelles érigées au 17ème siècle. Il constitue la voie finale du pèlerinage vers l’église Notre-Dame de la Sarte, située quelques mètres plus loin (notamment lors de la procession des Septennales à la mi-août tous les 7 ans).

Le sanctuaire doit son origine à un miracle qui se serait produit en 1621 : une jeune femme, ayant trouvé la statue en bois de la Vierge à l’enfant, aurait tenté de la transporter sans succès. Ce fut le signe pour ériger le sanctuaire. Le porche d’entrée de l’église comprend une 7ème chapelle ; l’ensemble représente les 7 douleurs de la Vierge. Les vitraux de l’église rappellent également l’histoire du sanctuaire et l’iconographie des chapelles.

En route vers le sommet du Mur de Huy en gravissant le chemin des chapelles. (c) Wikimedia

Notre-Dame : la Patronne universelle des cyclistes

Direction l’Italie à la rencontre de la Madonna del Ghisallo. Un sanctuaire lui est dédié depuis le 17ème siècle sur la colline du même nom surplombant le lac de Côme. De nombreux coureurs, professionnels ou amateurs, italiens ou étrangers, croyants et pratiquants ou non, viennent depuis plus de 75 ans déposer leurs prières mais aussi leur vélo ou maillot en ex-voto à la Vierge Marie, reconnue comme « Patronne universelle des cyclistes » en 1949 par une Bulle pontificale de Pie XII. Une stèle y rappelle aussi la mémoire de leurs collègues décédés en course.

Notre-Dame à Ghisallo : les origines de la dédicace

Don Ermelindo Viganò, curé et recteur du site entre 1944 et 1985, est à l’initiative de cette dévotion. Il a développé le projet de reconnaissance après le Tour de Lombardie de 1947 lors duquel il avait observé au passage des coureurs devant la chapelle que plusieurs d’entre eux faisait un signe de croix. Il décida ensuite d’entreprendre différentes démarches, via des courses cyclistes notamment, et de s’associer avec la population de la région et avec des stars de la discipline (Fausto Coppi et Gino Bartali).

En octobre 1948, après sa bénédiction par le pape, un flambeau est transporté par un convoi cycliste en 5 jours de Rome jusqu’au sanctuaire de Ghisallo. L’année suivante, la dédicace à Marie Patronne universelle des cyclistes est confirmée par le pape.

Depuis 2006, une partie des équipements déposés dans l’église (dont un vélo de notre compatriote Eddy Merckx) ont été rassemblé au sein du nouveau musée établi à proximité, consacré au cyclisme dans toutes ses dimensions. Aux abords de l’église peuvent être admirés des stèles consacrées à des personnalités importantes de l’histoire du site (dont les cyclistes Bartali et Coppi et le prêtre Viganò) mais aussi, depuis 1973, un monument impressionnant en bronze dédié aux cyclistes et représentant la lutte entre la victoire et la défaite.

Une belle collection de vélos et de maillots cyclistes au coeur du sanctuaire de Ghisallo. (c) Wikimedia

Les sanctuaires inspirés de Ghisallo

Mais Notre-Dame est aussi honorée en tant que patronne des cyclistes dans d’autres sites qui ont souhaité suivre l’exemple italien : la chapelle Notre-Dame des cyclistes en France à La Bastide d'Armagnac et le sanctuaire de la Dorleta au Pays Basque espagnol. Tous deux ont été reconnus par le pape Jean XXIII en 1959.

La chapelle française aurait été construite au 11ème siècle, sur l’emplacement probable de monuments antiques. Alors qu’elle était délaissée depuis longtemps, Joseph Massie, curé des paroisses voisines, décide de la restaurer et de lui donner son affectation actuelle. Chaque année le lundi de Pentecôte, une messe est célébrée en faveur des cyclistes. Quant au sanctuaire espagnol, il se trouve sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle et était à l’origine un lieu de halte pour les pèlerins. L’initiative de la consécration vient du groupe local de cyclotouristes.

Offrandes à Notre-Dame au sanctuaire de la Dorleta. (c) Wikimedia

Revenons au Tour de France car la chapelle française a un lien particulier avec cette course.  Le village a en effet eu l’honneur d’en être ville-départ le 9 juillet 1989 ; ce jour-là, Greg Lemond déposa son maillot jaune à la Vierge Marie ; il gagna cette édition de la course pour 8 secondes seulement… Le champion espagnol Luis Ocaña, vainqueur de l’édition 1973, s’y est marié en 1966 et ses obsèques y ont été organisées en 1994, en présence d’autres anciens coureurs dont Eddy Merckx.

Notre-Dame-des-cyclistes à La Bastide d'Armagnac. (c) Wikimedia

Avis aux amateurs de la petite reine, vous savez désormais où vous rendre pour prier et admirer les maillots ou vélos des icones de ce sport.

Julien Panneels (st.)

Catégorie : Culture

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