Lorsque la cathédrale Saint-Aubain a fermé ses portes pour des raisons de sécurité suite à une pierre qui s’était détachée de la façade, on avait imaginé une réouverture pour… le 1er avril. Ce sera finalement pour septembre. Les fidèles comme les visiteurs passeront, pour entrer dans l’édifice, par des tunnels. Le vaste chantier de rénovation débutera, lui, en 2027, par la façade. La cathédrale entièrement restaurée devrait se présenter sous son meilleur jour en 2033.
La cathédrale Saint-Aubain a besoin d’une importante restauration. Beaucoup en étaient bien conscients mais ça bloquait. Depuis l’arrivée de Mgr Lejeusne, les relations entre les différents intervenants dont la Province de Namur se sont bien améliorées. Lors des vœux de la Province, l’évêque faisait connaissance avec le gouverneur Denis Mathen et lui posait une question. Il lui demandait si c’était normal qu’un nouvel évêque, à peine arrivé, se retrouve devant sa cathédrale fermée ! Mgr Lejeusne était et est toujours bien conscient que la sécurité est une priorité, il regrettait par contre une certaine forme d’immobilisme.
Depuis les réunions se sont multipliées et toujours dans un esprit constructif. « J’ai senti comme un véritable coup de boost lors, par exemple, de la deuxième réunion » constate Mgr Lejeusne. C’est ainsi que la décision de peigner la façade, de faire tomber les pierres branlantes était prise. A l’issue de cette opération, les résultats étaient sans appel. Des pierres de petites tailles pouvaient continuer à se détacher comme des blocs plus importants. La cathédrale restait donc, par mesure de sécurité, interdite au public.
Des tunnels
Une fermeture qui reste d’actualité jusqu’au mois de septembre. La Ville de Namur insiste, de son côté, pour que la cathédrale soit ouverte pour les Fêtes de Wallonie. Beaucoup de choses, au fil des semaines vont ainsi changer. Les barrières qui empêchent actuellement d’approcher de l’église seront remplacées par des palissades de 4 mètres de haut. Elles seront posées durant les vacances. Le périmètre sera ainsi ceinturé moyennant des ouvertures pour accéder aux tunnels qui seront installés devant chaque porte. Le visiteur, comme c’était le cas, il y a peu de temps encore, montera les escaliers et pénétrera dans un tunnel -éclairé- assez costaud pour résister aux éventuelles chutes de pierres. Il pourra ainsi entrer dans l’édifice sans courir le moindre risque. De part et d’autre des tunnels, des pare-gravats seront posés. Il s’agit de filets pour récupérer les pierres qui se détacheraient. Un dispositif qui devrait rester en place une année.
La restauration de la façade devrait débuter en 2027 et les travaux prendraient deux années. Deux années durant lesquelles, la façade sera recouverte par des échafaudages. Durant cette première étape de rénovation, les pierres cassées, descellées seront refixées voire remplacées.
Il s’agira ensuite de se pencher sur la stabilité du bâtiment sur base des résultats enregistrés depuis plusieurs semaines et encore pour quelques mois par des appareils posés, à l’intérieur de la cathédrale. Des appareils placés sur chaque pilier et chargés d’enregistrer les mouvements de l’édifice. En fonction de l’importance de ces derniers, un plan stabilité sera mis en place. Un chantier qui prendra aussi en compte le dôme, les tambours, la toiture…
Un chantier de restauration qui devrait être terminé pour 2033. « C’est l’année d’un jubilé extraordinaire » ponctue l’évêque. Cette année 2033 marquera, en effet, le 2000ᵉ anniversaire de la Rédemption, un événement qui met en lumière la passion, la mort et la résurrection de Jésus-Christ, le fondement de la foi chrétienne.
« Je suis confiant, explique l’évêque, tout le monde est de bonne volonté. Je veux faire de ce lieu, un lieu vivant d’un point de vue liturgique mais pas seulement. La cathédrale sera un lieu de vie. »

C.B.