Paris, Lourdes : la visite apostolique de Léon XIV en France prend forme. La Conférence des évêques de France l'a annoncé le 6 mai, une ébauche de programme a déjà été élaborée avec le pape pour une visite apostolique fin septembre.
C'est le cardinal Jean-Marc Aveline qui a annoncé la nouvelle par voie de communiqué. "J'ai eu plusieurs temps de travail avec le Pape, dont un la semaine dernière, au cours duquel nous avons élaboré une ébauche de programme." Dans ce communiqué publié le 6 mai, le président de la Conférence des évêques de France confirme ce que beaucoup espéraient depuis un an : Léon XIV pourrait venir en France fin septembre 2026, avec des étapes à Paris et à Lourdes.
Le voyage n'est pas encore officiellement confirmé par le Saint-Siège. Mais le stade des discussions a clairement changé. Ce n'est plus une invitation dans l'air : c'est un programme en cours de construction.
Comment l'invitation a-t-elle été lancée ?
Tout a commencé peu après l'élection de Léon XIV, le 8 mai 2025. Plusieurs évêques français avaient rapidement sollicité le nouveau pape pour qu'il vienne en France. C'est le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, qui a formalisé cette démarche. Au nom de l'épiscopat français et en lien avec le Nonce apostolique, il a adressé une invitation officielle à Léon XIV.
L'Élysée a suivi. Le 10 avril 2026, lors d'une première audience au Vatican qui a duré près d'une heure, Emmanuel Macron a appuyé personnellement l'invitation. Un entretien centré sur les crises internationales, notamment la situation au Moyen-Orient et la protection des chrétiens d'Orient, mais qui a aussi permis au président français de réitérer ce souhait directement auprès du souverain pontife.
Quels lieux sont envisagés ?
Selon le communiqué des évêques, Paris figure en tête. Le vaticaniste Jean-Marie Guénois confirmait dès la mi-avril que le pape souhaitait visiter Notre-Dame de Paris. Lourdes est également dans le programme. Le sanctuaire marial figure parmi les étapes privilégiées des voyages apostoliques, et son inclusion semble acquise dans les discussions en cours.
Scy-Chazelles, en Moselle, avait par ailleurs été évoquée autour de la visite d'Emmanuel Macron au Vatican en avril. Cette étape, porteuse d'un symbole européen fort, concerne la maison et la tombe de Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne, déclaré vénérable par le pape François en juin 2021. Elle n'apparaît cependant pas dans le communiqué, et son statut reste incertain.
Un intérêt pour la France qui remonte à loin
Les signaux d'intérêt de Léon XIV pour la France précèdent ce communiqué. Dès l'été 2025, il recevait six cents catéchumènes français en marge du Jubilé des jeunes. Il a écrit aux évêques de France, aux prêtres d'Ile-de-France, et a rapidement décidé de béatifier les 50 martyrs de l'Apostolat catholique morts en Allemagne en 1944-1945. En octobre 2025, il s'est rendu au port d'Ostie pour accueillir des jeunes du voilier Le Bel Espoir, un geste interprété comme un signe de confiance envers le cardinal Aveline, qui accompagnait le groupe.
Florence Mangin, ambassadrice de France près le Saint-Siège jusqu'en décembre 2025, exprimait sa conviction avant même la visite du président français au Vatican : "Je suis frappée par l'intérêt du nouveau pape pour notre pays." Elle pointait l'attention de Rome pour le phénomène des catéchumènes et des néophytes en France, en forte croissance ces dernières années, ainsi que les liens personnels entre Léon XIV et le cardinal Aveline, noués bien avant le conclave.
Un voyage qui serait une première depuis 2008
En douze ans de pontificat, François s'était rendu en France à trois reprises : à Strasbourg en 2014, à Marseille en 2023, en Corse en décembre 2024. Mais toujours en réponse à des invitations institutionnelles spécifiques, jamais pour une visite pastorale de plein exercice. Il avait aussi décliné l'invitation à la réouverture de Notre-Dame de Paris.
Un voyage de Léon XIV en septembre 2026 serait donc la première vraie visite apostolique d'un pape en France depuis celle de Benoît XVI en 2008. Pour l'Église de France, ce serait l'occasion de partager avec le pape ses dynamiques pastorales, dans un pays où les tensions entre positions de l'Église et orientations du gouvernement restent vives, sur l'euthanasie comme sur d'autres questions éthiques.
La communication finale appartient à Rome, et les évêques français devraient apporter une précision sur le programme définitif d'ici à deux ou trois mois, si l'on se base sur ce qui a été communiqué lors de la visite du pape en Belgique, qui s'est déroulée durant la même période de l'année.
