A la suite de tensions pour le moins vives entre la Province de Namur et la Société archéologique de Namur, la présentation des objets actuellement conservés au sein du TreM.a - le Musée des Arts anciens est compromise. Parmi ces pièces figure un joyau de l'orfèvrerie gothique : le Trésor d'Oignies.
C'est un séisme dans la ville de Namur. La Province a, en effet, décidé de suspendre le renouvellement du contrat de gestion du TreMa. - le Musée des Arts anciens du Namurois, confié à la Société archéologique de Namur (SAN), ainsi que la subvention allouée. La collaboration de ces deux institutions remontait pourtant à plus d'une cinquantaine d'années.
Un joyau de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Propriété de la Fondation Roi Baudouin depuis 2010 - lorsque les soeurs de Notre-Dame de Namur lui ont confié l'ensemble des 52 pièces d'orfèvrerie du XIIIe siècle - le Trésor d'Oignies a une valeur reconnue. En effet, 32 de ses pièces ont été classées par la Fédération Wallonie-Bruxelles comme patrimoine culturel mobilier exceptionnel. Ce joyau d'orfèvrerie mosane est orné de nombreuses reliques et pierres précieuses, des éléments envoyés par son mécène Jacques de Vitry, lui-même parti en croisade contre les Albigeois. Après la destruction du prieuré d’Oignies pendant la Révolution française, l'ensemble des pièces a été confié aux sœurs de Notre-Dame de Namur. "Le trésor est mis en dépôt et exposé au Musée provincial des Arts anciens du Namurois, tandis que la Société archéologique de Namur s’est engagée à contribuer à l’étude et à la mise en valeur de ce patrimoine", indique le site de la Fondation.
Une rupture unilatérale
Décidé par la Province de Namur, le non-renouvellement du contrat de gestion qui liait la SAN au musée provincial TreM.a - le Musée des Arts anciens va avoir de nombreuses répercussions, parmi lesquelles le retrait de nombreuses oeuvres exposées. Car sur les 167 pièces que contient le TreM.a, 97 sont une propriété de la SAN, tandis qu'elle est également dépositaire de 70 autres pièces.
"Puisque la Province refuse tout partenariat, nous avons dû procéder à une dénonciation de la convention de dépôt avec un préavis d'un an, qui court jusqu'au 15 novembre 2026", nous détaille Cédric Visart de Bocarmé, le président de la SAN, particulièrement déçu par la tournure des événements. "On va faire en sorte de ne pas licencier", complète-t-il, alors que dix personnes sont actuellement employées par l'ASBL namuroise. "Nous avons entrepris des pourparlers avec de nouveaux partenaires." Parmi les pistes envisagées, pourquoi ne pas renforcer la collaboration avec le Musée diocésain de Namur ?
Quant au Trésor d’Oignies, il continuera à être visible au sein du TreM.a, puisqu'il est "couvert par une convention bipartite (FRB-propriétaire et SAN-dépositaire) avec obligation d’exposition au musée provincial", comme le rappelle le communiqué de presse publié par la SAN.
Angélique TASIAUX
