De nombreuses réactions nous sont parvenues suite à l'annonce, début juillet, du remplacement de la messe de rentrée académique par une célébration de la Parole. Frédéric Close, magistrat honoraire et membre du groupe de réflexion Logia, estime que c'est une mauvaise nouvelle.
Certaines universités ont tôt perçu que raison et religion se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Les plus anciennes étaient chrétiennes et se consacraient surtout à la philosophie et à la théologie. Des institutions semblables se sont ensuite multipliées ; la « Fédération Internationale des Universités Catholiques » en compte de nos jours 240.
Aux origines...
En Belgique, les universités de Liège et de Gand furent fondées en 1817 par Guillaume 1er des Pays-Bas ; celle de Louvain préexistait depuis 1425 et celle de Bruxelles naquit en 1834. Une loi du 27 septembre 1835 officialisa les universités d'État de Liège et de Gand. Le monde universitaire se partageait donc, à l’origine, en enseignements neutre, catholique et partisan du libre examen. Le haut clergé était influent à l’UCL et la franc-maçonnerie à l’ULB, alors que la RUG et l’ULg se voulaient pluralistes.
Avec la déchristianisation, l’UCLouvain s’affranchit de l’Eglise et réduit l’enseignement imposé de la religion à quinze heures de cours. Confrontée au Saint-Siège en matières éthiques, elle affirme de moins en moins ses positions chrétiennes. La voici, en tout cas, qui renonce, pour l’année académique prochaine, à la traditionnelle « messe de rentrée ». Elle lui substitue une « célébration de la parole » plus accessible aux non-croyants, soit un rassemblement communautaire sans eucharistie et qui n’invoque pas spécialement l’Esprit-Saint.
Une question de conviction plus que de tradition
On doute que cette métamorphose abrège ou égaye la cérémonie de rentrée. Non motivée, elle n’est toutefois pas une surprise, si on se réfère à l’accueil que l’UCLouvain réserva au Pape François. Officiellement dédiée au 600e anniversaire de l’université, la visite répondait pourtant à l’appel d’une délégation d’étudiants soucieux de ranimer la foi sur le campus. Voici qui suffit pour s’insurger contre le projet d’abolir la « messe du Saint-Esprit » ; c’est une question de conviction plus que de tradition ! En outre, la sororité avec la K.U.L. et la spécificité de l’enseignement théologique requièrent le maintien et même le renforcement des signes extérieurs d’une organisation résolument engagée.
Il s’impose donc de préserver le caractère catholique de l’ « alma mater ». Cette image de marque assure son succès. La foi en Jésus et en son Eglise fait partie de son ADN ; elle constitue l’une de ses racines et est censée lui donner des ailes ! Il importe peu que certains enseignants renient ou oublient leur baptême car ce qui compte, c’est la fidélité à l’idéal qui l’a nourrie et doit continuer à l’éclairer.
