Les démons du jeu


Partager
Les démons du jeu
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

700.000… En Italie, ils sont 700.000 à être atteints d'une dépendance au jeu. Un nom leur a même été donné. On les appelle les ludopathes. Certes, le phénomène n'est pas neuf, mais il atteint des proportions phénoménales, en raison de la crise économique qui sévit dans la péninsule.

Bon nombre de joueurs glissent dans la précarité et connaissent souvent les corollaires de celle-ci : l'endettement, l'isolement, mais aussi des pathologies, des troubles mentaux ou des déficiences physiques. Un calvaire qui mène même, quelquefois, à la criminalité.

Pourtant le tabou subsiste, et bon nombre de ludopathes ne reconnaissent pas facilement cette problématique de la dépendance au jeu. C'est souvent de façon indirecte que celle-ci apparaît, au détour d'un appel à l'aide aux services de secours à proximité. Les réseaux d'assistance se trouvent alors confrontés à des situations existentielles particulièrement complexes.

La population la plus touchée par ce phénomène du jeu est, sans surprise, la population la plus précarisée et la moins instruite, qui succombe aux sirènes trompeuses et charmes fallacieux de ces tromperies, souvent virtuelles. Devenue un secteur économique puissant, l'industrie du jeu n'entend nullement modifier ses pratiques lucratives, alors que le nombre de joueurs pathologiques ne cesse de croître et d'exploser… au point d'atteindre le double des personnes alcooliques et toxicomanes qui suivent actuellement un traitement en Italie. Mais là où le bât blesse, c'est qu'il n'existe pas encore de réels programmes de soins adaptés à la ludopathie.

L'Eglise catholique italienne craint que les joueurs et leurs familles, souvent impuissantes, ne soient abandonnées. Faute de moyens suffisants, gouvernements régionaux et locaux se renvoient la balle, sous les yeux impuissants des fondations au service des plus pauvres.

Angélique Tasiaux

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie