Triste nouvelle dans le milieu sportif. Et bien au-delà des adeptes des exploits sportifs. Il y a quatre ans, une jeune athlète somalienne avait pris part aux Jeux Olympiques de Pékin. Là, Saamiya Yusuf Omar, qui arborait le dossard 2895, avait même eu l'honneur de porter le drapeau de son pays lors de la cérémonie d'ouverture.
Indépendamment des résultats sportifs, la participation d'une jeune femme somalienne représentait un défi lancé aux fondamentalistes musulmans.
Fin du conte de fée. Quatre ans plus tard, en voulant fuir son pays et rejoindre l'Italie comme bien des malheureux, la jeune femme s'est noyée au milieu des flots méditerranéens, sur un rafiot que l'on nomme pudiquement une charrette de la mer. L'indifférence et l'oubli – la misère aussi - avaient fait place aux ors des caméras chinoises.
Au-delà de ce décès tragique, la jeune femme symbolise le rêve échoué de tous ces migrants, illusionnés par les mirages de l'Occident. Tous ceux que l'on nomme les "boat people", comme si leur vie pouvait se résumer au bateau qui les mène vers des contrées censées plus accueillantes.
L'annonce du décès de Saamiya aura au moins servi à jeter la lumière sur ces vies brisées, le temps d'un article.
Angélique Tasiaux
