Edito – François et les cours de religion


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Edito – François et les cours de religion
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min
© CathoBel

Mardi dernier, dans un discours historique au Palais de la Nation de Kinshasa, le pape François a eu un mot pour chacun – et pas vraiment un mot doux.
Il s’est d’abord adressé aux puissances financières. "Après le colonialisme politique, un ‘colonialisme économique’ tout aussi asservissant s’est déchainé", a-t-il asséné.
Puis aux politiques occidentaux. "On a l’impression que la Communauté internationale s’est presque résignée à la violence qui dévore [ce peuple]."

Le pape a ensuite dénoncé les religions qui se faisaient sectaires. "Quand on en vient à imposer, en allant à la chasse aux fidèles, de manière aveugle par la ruse ou par la force, on ravage la conscience d’autrui et on tourne le dos au vrai Dieu."
Enfin, François a fameusement secoué les puissance locales. "Combien il est important d’agir dans cet esprit [de service], en fuyant l’autoritarisme, la recherche de gains faciles et la soif d’argent."
Le plus surprenant n’est pas le fait que François ait osé critiquer tout le monde. Le plus surprenant est le fait que personne ne le lui ait reproché.

Pourquoi?
Peut-être parce que, précisément, François a pris soin d’inviter chacun à se regarder en face.
Sans doute aussi, et surtout, parce que l’homme en blanc ne s’est pas positionné en donneur de leçons – mais en apôtre de la paix. Il n’est pas venu comme un politique défendant des intérêts propres. Mais comme l’ami du peuple. Il a montré que la religion était inévitablement une question de société. Et qu’un véritable chef spirituel était nécessairement le pourfendeur des injustices et l’avocat des plus petits.
François est aujourd’hui l’un des seuls, sur cette Terre, à pouvoir s’exprimer de la sorte sans qu’on le lui reproche.

A 6.200 kilomètres de là, ce week-end, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a laissé transparaitre son intention de rendre les cours de religions optionnels dans l’enseignement officiel. Ceux qui militent pour cette réforme prétendent que la religion n’a rien à faire à l’école. Qu’elle doit rester dans la sphère privée. Qu’elle divise, endoctrine, déforme, formate. Qu’elle est le vestige d’une autre époque. Que la comprendre n’est pas plus utile que de l’enseigner. Aujourd’hui, impatients, ils aspirent à une libération.
Mais sont-ils bien conscients de ce qu’ils font?

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

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