Eglise catholique: renaître ou disparaître? Le dernier livre de Charles Delhez revient sur la question


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Eglise catholique: renaître ou disparaître? Le dernier livre de Charles Delhez revient sur la question
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Interpellant dès le titre, la publication du père Charles Delhez fait le point sur la place de l'Eglise catholique aujourd'hui. Extraits choisis de "Eglise catholique. Renaître ou disparaître" aux éditions jésuites.

(c) éditions jésuites

Il semble inutile de présenter Charles Delhez, sj puisqu'il est déjà l'auteur de nombreux livres, chroniqueur régulier à Dimanche (dont il fut rédacteur en chef) et à La Libre, mais aussi curé de Blocry (Ottignies). Il fait le cadeau aux lecteurs de ce nouvel ouvrage, de le conclure par deux annexes, toutes deux puisées dans notre hebdomadaire. L'auteur y explique notamment pourquoi "Je reste dans l'Eglise!": "Il faut aujourd’hui délester le « Peuple de Dieu » d'un système devenu trop pesant — mais qui ne fut pas stérile pour autant —, afin que le christianisme puisse continuer à porter du fruit, et même de nouveaux fruits. Il ne
s’agit donc pas de supprimer toute institution, mais de mettre celle-ci en phase avec l'évolution de nos sociétés, tout en gardant une distance critique par rapport à une « modernité qui déraille sur de nombreux sujets » (Jean-Louis Schlegel)
.

Pas question de "casser la baraque" !

Charles Delhez, dans "Renaître ou disparaître"

L’Église de demain doit pouvoir s’appuyer sur celle d’aujourd’hui et d’hier pour renaître à la fois en rupture et en continuité. La forme actuelle disparaîtra d’elle-même. En attendant, je vois déjà des bourgeons éclore dans ces nombreux groupes de disciples de l’Évangile, sans étiquette parfois, mais qui continuent à croire en l’avenir de l’humanité et à y travailler."

Changement de matrice

"Notre société était chrétienne. On en est loin aujourd’hui."

La formation de sociologue de Charles Delhez et sa longue expérience en paroisses lui permettent d'enrichir l'analyse de la crise religieuse globale (premier chapitre de son ouvrage): "Nous assistons à la disparition de la 'matrice catholique' de notre société occidentale, à la fin du 'modèle paroissial'. Celui-ci est exsangue dans les campagnes et survit à peine dans les villes. Jadis, l’institution romaine quadrillait tout le territoire. Chaque étape de la vie était encadrée par elle, quasi chaque association avait son aumônier. L’Église dictait les valeurs, soutenait les arts, organisait les universités et offrait un sens à la vie par sa spiritualité. Notre société était chrétienne. On en est loin aujourd’hui."

L'auteur aborde aussi les questions délicates et urgentes du monde actuel: des ministres élus, l'ordination des femmes, l'unité des chrétiens, le dialogue interreligieux ou le regard sur la sexualité. Dans un autre chapitre, il avait déjà parlé des "prêtres de demain": "Ce qui est notamment en jeu avec la raréfaction des prêtres, c’est la 'fraction du pain' en mémoire de Jésus, la messe. Il ne s’agit pas de maintenir une structure verticale de l’Église, mais de permettre notamment aux communautés chrétiennes des villages oubliés de faire ce geste en mémoire de Jésus car, pour un catholique, il est fondateur. Et ce problème se posera très prochainement pour les communautés urbaines et pour tous les petits groupes qui, comme au temps dit des catacombes, se réunissent dans des habitations privées."

Inspiré par le pape

Dans sa conclusion, le p. Charles Delhez résume ainsi sa proposition. "Pour les lecteurs non chrétiens qui observent l’évolution de la société, cet essai apparaîtra comme une description sociologique de l’évolution de l’institution qui a marqué profondément l’histoire de l’Occident.
Pour les catholiques, il apparaîtra peut-être comme un coup de massue. Où est l’Église d’antan ? En effet, c’est un changement de cap profond que proposent ces lignes.

François, le pape venu du bout du monde, a invité, dès le début de son pontificat, à 'abandonner le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi”. J’invite chacun, précisait-il, à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés.' Dans ce domaine, il ne faut pas avoir peur de l’éphémère. Ce n’est pas parce qu’une initiative ne dure que quelques années qu’elle n’a pas porté de fruit. Procéder par essai et erreur est humain."


La préface est signée par Christine Pedotti. Charles Delhez reprend une citation de l'écrivaine française: "Si nous ne sommes pas comme les premiers chrétiens, nous serons les derniers."

L'Eglise s'effondre-t-elle ?

Le père Charles Delhez avait abordé cette question, il y a un an, dans une conférence en ligne. Le prêtre était alors l'invité de l'Unité pastorale de Chastre. "Oui, l'Eglise est un système qui s'effondre" avait-il reconnu, tout en nuançant très vite cette affirmation.


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