Peut-on s’habiller comme on veut à l’école? L’UFAPEC enquête sur la tenue vestimentaire des écoliers


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Peut-on s’habiller comme on veut à l’école? L’UFAPEC enquête sur la tenue vestimentaire des écoliers
Pour l'UFAPEC, les points du Règlement d'Ordre Intérieur concernant les tenues vestimentaires devraient être débattus entre direction, enseignants, parents et élèves.
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
4 min

L’UFAPEC a mené l'enquête sur le terrain, auprès des parties concernées : direction, élèves et parents. Un élève sur deux trouve que le règlement vestimentaire est trop strict. Comment définir la tenue adéquate?

Peut-on s'habiller comme on veut à l'école?
Pour l'UFAPEC, les points du Règlement d'Ordre Intérieur concernant les tenues vestimentaires devraient être débattus entre direction, enseignants, parents et élèves.

"La question des tenues vestimentaires à l’école est récurrente" explique Bernard Hubien, secrétaire général de l’UFAPEC. " Cette thématique vient et revient, notamment dans la presse, sur les réseaux sociaux. Beaucoup de parents nous interpellent à ce sujet ". Souvenons-nous de la fameuse polémique des croc-top, ces blouses laissant voir le nombril des jeunes filles.

Unanimité pour envisager la révision des règlements

Ce sont majoritairement des filles entre 13 et 17 ans qui ont répondu à l'enquête. Loin d'être une étude statistique, cette enquête a donné la parole à une belle diversité d'établissements, répartis dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec toutefois une nette surreprésentation de Bruxelles et Namur.

Pour la plupart des répondants les ROI (Règlement d’Ordre Intérieur) sont clairs. Se dégage également une unanimité pour dire que les ROI doivent être revus, au besoin, par tous les acteurs de l’école : enseignants, éducateurs, parents, élèves.

"Il s'agit d'une disposition légale"

"Notre demande est que dans chaque école, on en discute, qu’on prenne le temps de parler avec les élèves parce que chaque école a son environnement propre, il ne peut y avoir de règle universelle pour tous les établissements". Construire la règle pour en comprendre le sens est - d'abord un bel exercice de démocratie mais aussi - une garantie de son respect futur même si, on le sait, l’adolescence est une période où l’on aime s’opposer aux règles, ajoute encore Bernard Hubien. La discussion autour du ROI relève en fait d’une disposition légale, "c’est une obligation par décret imposée à tous les établissements de la FWB, les écoles doivent jouer le jeu démocratique" rappelle notre interlocuteur.

Plus de cohérence, moins d’abus

Un élève sur deux trouve que le règlement est trop strict, "cela montre qu’un espace de dialogue est possible ", souligne le secrétaire général de l’UFAPEC. Pour les enseignants, l’élève doit arborer une tenue adaptée à son métier d’élève. Exit donc les tenues de plage, de soirée ou sportives. Mais aussi les tenues jugées provocantes ou vulgaires. Sur ce point précisément, l’UFAPEC invite les écoles à éliminer les expressions floues et/ou subjectives ainsi que les dispositions discriminantes de leurs règlements, " tenue correcte ou décente, ça ne veut rien dire", s'exclame Bernard Hubien.

Peut-on s'habiller comme on veut à l'école?
Certaines écoles interdisent le port de vêtements de sport, du treillis militaire et des baskets trop voyantes. Pratiques abusives?

Quelques exemples extraits de l’enquête menée par l’UFAPEC ont également de quoi nous interpeller. Exclure un élève parce que ses chaussures sont trop voyantes. Obliger un enfant à scotcher ou recoudre le trou de son pantalon. Refuser à un élève dyspraxique de porter un pantalon de training. N'y a-t-il pas, dans certains cas, une tendance abusive?

Elèves et enseignants souhaitent plus de cohérence dans l’observance du ROI. " Certains professeurs féminins se permettent le mini short alors qu'il est interdit pour les filles " écrit un enseignant. "Certains [éducateurs] ferment les yeux et d'autres sont intransigeants, ce qui crée des incompréhensions chez les élèves " rapporte un autre. D'autre part, interdire aux filles de dénuder leurs épaules parce que "cela excite les garçons" (lu à de nombreuses reprises dans l’enquête), n’est pas un argument satisfaisant, commente Bernard Hubien.

Ne pas céder à la pression consumériste

Les élèves sont attachés à leur liberté d’expression, et cela passe en partie par leur tenue. Parents et ados le disent, la tenue est très importante parce qu’elle permet de se sentir bien, d’exprimer sa personnalité, d’être créatif et branché. Les parents expriment la difficulté à trouver des vêtements " tendance "qui respectent les règlements. " Il est important de ne pas tomber dans le piège consumériste des tendances vestimentaires. Dans ce sens, le ROI protège aussi les enfants ". 

Sophie DELHALLE

Lire l'étude complète réalisée par l'UFAPEC sur les tenues vestimentaires à l'école

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Catégorie : Belgique

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