Pour sa rentrée, le SeGEC a revisité ses racines


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Pour sa rentrée, le SeGEC a revisité ses racines
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
5 min

Ce 19 août avait lieu la grand’messe du SeGEC, à Louvain-la-Neuve dans le cadre de son université d’été ayant pour thème cette année « Mission de l’école chrétienne : un projet éducatif renouvelé dans une époque en mutation ».

en mai 2021, le SeGEC approuvait de Mission de l’Ecole chrétienne, le texte de référence de l’enseignement catholique, aboutissement d’un long travail de réflexion collective, d’écriture et de délibération

Les directeurs, enseignants, membres de pouvoirs organisateurs ont débattu de cette vaste question un an après que le SeGEC a approuvé une nouvelle édition de la Mission de l’Ecole chrétienne, le texte de référence de l’enseignement catholique. Quelques mois après qu’un groupe de députés socialistes défendaient bec et ongles le fait de rendre optionnel le cours de religion (et de morale) au sein des établissements scolaires officiels.

Assumer la tradition chrétienne sans prosélytisme

Il y avait du monde vendredi dernier à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve pour venir écouter mais aussi débattre de la mission de l’école chrétienne dans notre monde en mouvement. Pour rappel, en mai 2021, le SeGEC approuvait de Mission de l’Ecole chrétienne, le texte de référence de l’enseignement catholique, aboutissement d’un long travail de réflexion collective, d’écriture et de délibération. La dernière version remontant à 1995.

Pour Étienne Michel, Directeur général du SeGEC, « il n’est pas bon de banaliser la référence à la tradition chrétienne de l’éducation et à l’anthropologie qui l’inspire, mais les assumer de manière explicite en s’interdisant toute forme de prosélytisme mais en incitant à la liberté de penser ». Face aux risques de montées des populismes, théories du complot, des fake news, la disparition de toute culture religieuse risque de rendre le monde contemporain encore plus inintelligible ; « il ne faut pas moins d’éducation critique, il en faut beaucoup plus ».

il n’est pas bon de banaliser la référence à la tradition chrétienne de l’éducation et à l’anthropologie qui l’inspire

Etienne Michel

Journée réflexive et introspective

Au pupitre ont défilé, entre autres et entre les nombreux échanges, d’abord Jean De Munck, philosophe et professeur de sociologie à l’UCLouvain, où il dirige le CriDIS (Centre de recherches interdisciplinaires démocratie-institutions-subjectivité). Jean De Munck a notamment participé aux réflexions du SeGEC depuis 2012 et est l’auteur du document de référence « Pour penser l’école catholique au XXIème siècle ». Il a piloté le groupe de travail qui s’est donné pour mission d’actualiser le projet éducatif de l’enseignement catholique pour l’enseignement obligatoire.

« L’école chrétienne belge hérite d’une longue histoire politique et institutionnelle. Tout n’est pas dépassé. Parmi les bonnes choses, retenons la notion de communauté éducative, la dimension associative et celle de la régulation conjointe qui pourraient constituer des ressources précieuses en ce siècle, compte tenu des nombreux défis nouveaux » a expliqué Jean de Munck.

Ne pas oublier d’où on vient, savoir où on va

Fille de son histoire, l’école chrétienne c’est d’abord un espace communautaire. Des personnes s’y côtoient, partagent des savoirs et des passions. On ne fait qu’y enseigner On y apprend la difficulté d’appliquer les règles, On y apprend à vivre ensemble et à créer des liens. « L’école chrétienne a pour mission que les jeunes puissent y faire l’apprentissage de la vie en société dans toutes ses dimensions qu’elle soit culturelle, économique, politique et sociale. »

Rester exigeant

L’école s’interroge beaucoup sur son identité et sur sa mission. Face à elle, l’État, le marché, divers groupes culturels prétendent ajuster l’école à leurs critères rappelle Jean De Munck.

Pendant dix-huit mois, un petit groupe s’est réuni pour tenter d’apporter une contribution à cette problématique et frayer des pistes de réflexion. Les résultats de ce travail ont été rassemblés dans le texte « Pour penser l’école catholique au XXIème siècle », ce texte tente de fixer quelques balises pour interpréter notre passé, évaluer les défis du présent et proposer des pistes d’avenir.

Sur base de ce document, l’intervenant a choisi d’en commenter trois axes essentiels. A savoir : Le concept de communauté scolaire, la culture scolaire et la culture religieuse et son rapport au christianisme. « L’engagement de l’école catholique est de ne pas priver ses élèves d’une initiation à une démarche où la question de la croyance est saisie dans la radicalité de l’interpellation. Cette démarche suppose bien sûr un apprentissage aussi exigeant que n’importe quel autre. »

L’école chrétienne a pour mission que les jeunes puissent y faire l’apprentissage de la vie en société dans toutes ses dimensions qu’elle soit culturelle, économique, politique et sociale.

Jean de Munck

Pour une école chrétienne de son temps

Le modèle, coulé dans le bronze du Pacte scolaire et dans la Constitution belge, est-il dépassé ? Bien au contraire. « Le réseau des établissements catholiques constitue encore un service public, ouvert à tous sans discrimination. C’est le modèle que recherchent encore aujourd’hui les politiques publiques dans les sociétés développées. Nous devons de plus en plus, distinguer deux aspects, articulés l’un à l’autre, à savoir l’éducation à la problématique religieuse et l’initiation au christianisme » a rappelé Jean De Munck.

Etre chrétien, ça s’enseigne ou pas ?

Entre autres intervenant, l’intervention de Vincent Flamand sur « Transmettre ce qui ne s’enseigne pas ? » relatant des échos de formation a largement interpellé sur la réalité des choses, sur le terrain de l’école. Ce philosophe, aussi professeur d’anthropologie, de religion et de philosophie a été prêtre quelques années avant de publier ses réflexions sur les questions de Dieu et du christianisme via plusieurs essais et récits. Vincent Flamand travaille aussi pour le service d’étude du SeGEC depuis dix ans. Sa mission : chercher à voir et comprendre en quoi l’héritage chrétien peut encore faire sens dans nos écoles aujourd’hui.

Une vaste question à laquelle cette université d’été aura tenté de répondre. Les pistes sont multiples, le terrain de l’école vivant, vibrant et mouvant. La parole est entre les mains aussi (et surtout) des enseignants et des directions. A eux de parvenir à transmettre le message chrétien à la lumière du monde de demain.

R.KERZMANN

Catégorie : Belgique

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