Guerrier de la paix ou défenseur de l’espoir


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Guerrier de la paix ou défenseur de l’espoir
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
3 min

Alexandre Goodarzy, ex-otage en territoire irakien, témoigne du combat que les communautés chrétiennes mènent dans le Moyen Orient pour rester en vie.

Témoignage d'Alexandre Goodarzy

Le nom de l'auteur ne parlera sans doute qu'aux spécialistes, déjà informés de l'action de Alexandre Goodarzy en Syrie. Et pourtant, sans le vouloir, ce jeune Français a fait, avec d'autres collègues de SOS Chrétiens d'Orient, la Une de l'actualité quand ils ont été enlevés en janvier 2020. À cette époque, Alexandre Goodarzy sillonne depuis cinq ans les régions d'Alep à Damas, avec la volonté d'apporter l'aide et l'espoir aux communautés chrétiennes restées sur place.

L'auteur commence son récit par le moment où à peine sortis de l'aéroport, en route vers l'évêché des Arméniens catholiques à Bagdad, ils sont "Kidnappés", comme le titre de ce premier chapitre l'indique. Lui, ainsi que deux Français en mission pour l'ONG, et leur interprète, ont été retenus prisonniers pendant deux mois et demi. L'auteur détaille les conditions dans lesquelles ils ont été détenus, sous pression, et les mains menottés, ainsi que la manière dont ils ont été transportés d'un lieu à l'autre, jusqu'à revenir au point de départ.

Un regard différent sur l'actualité

Pendant ce récit, Alexandre Goodarzy revient sur son cheminement personnel qui l'a amené depuis la fin de l'année 2014 à prendre le départ vers la Syrie. Alors qu'il était professeur à Angers (dans l'ouest de la France), il a entendu parler d'un voyage organisé par SOS Chrétiens d'Orient qui devait avoir lieu le Noël suivant. En y participant, il découvre "Toutes ces communautés chrétiennes prises entre le marteau et l'enclume…" Il revient alors en France avec ce devoir "de faire écho du drame vécu par tous ces gens qui souffraient et mouraient en silence."

L'auteur de ce livre part de la situation de captivité qu'il vit avec ses deux collègues Français et leur interprète, son écriture navigue sous forme de flash-back dans l'histoire mouvementée de cette région du Moyen-Orient. Il raconte aussi les rencontres pleines d'espoir qu'il avait mené pendant ces années de présence en Syrie. Un chapitre décrit par exemple Noël de l'année 2016 pendant lequel il a essayé de faire venir un sapin pour décorer la place d'Alep qui venait de "ressusciter" (selon ses mots). Étant confronté à la violence permanente que subissent les chrétiens en Syrie, Alexandre Goodarzy consacre quelques paragraphes assez durs à ce qu'il découvre en France à chacun de ses retours.

Le récit se poursuit par leur libération après 66 jours de captivité. En mars 2020, alors que ces quatre otages sont coupés du monde, leurs ravisseurs les informent qu'un virus circule d'un bout à l'autre de la planète. Cette menace "pouvait nous démonétiser d'un coup", écrit Alexandre Goodarzy: "quatre otages morts par un virus, c'était le pire scénario pour des kidnappeurs." Ils ont été libérés, et ont pu retrouver leurs proches, dans un contexte de confinement et de gestes barrières à respecter.

Anne-Françoise de Beaudrap

Alexandre Goodarzy, "Guerrier de la paix", éditions du Rocher, 333 pages.

Catégorie : Culture

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