L’autre virus


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L’autre virus
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
2 min

Notre pays a (enfin) un gouvernement de plein exercice, majoritaire au Parlement. Bien sûr, il aura fallu attendre un peu moins de 500 jours pour y arriver et nous avons assisté, souvent, même trop souvent, à un pitoyable spectacle, qui n’a pas été de nature à redorer le blason du monde politique traditionnel. Mais voilà, aujourd’hui, tout cela semble n’être plus qu’un mauvais rêve et une équipe est au travail. Il lui faudra retrousser ses manches face à la crise sociale et économique dont les premiers symptômes sont déjà apparus un peu partout dans le monde.

 

Ce gouvernement et nos élus doivent aussi vraiment redonner confiance aux citoyens envers le monde politique. La manifestation d’il y a une dizaine de jours, réunissant près de 10.000 manifestants flamingants, majoritairement d’extrême-droite, ne doit pas être prise à la légère. Ce n’était pas une manifestation, mais bien une démonstration de force. Elle est inquiétante à plus d’un titre. D’abord parce que les participants étaient loin d’être des vieux nostalgiques d’une époque tragique, qui conduisit au conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité, lequel a fait entre 50 millions et plus de 70 millions de morts! Beaucoup de ceux qui étaient présents, étaient des jeunes, subjugués par un parti dont les dirigeants entendent montrer un profil lisse mais dont les idées n’ont pas changé… Des idées qui portent sur le rejet de l’autre, parce qu’il est différent par sa couleur de peau, sa langue, sa culture, ses origines ou son mode vie. Cette idéologie est pareille à un virus s’insinuant dans les esprits, comme un poison dans les veines, en surfant sur l’angoisse et la peur, afin de rallier à sa vision une frange de la société dans laquelle se trouvent même certains chrétiens pourtant empreints de l’Evangile.

 

Un petit virus microscopique venu de Wuhan a causé beaucoup de souffrances et de morts. Celui véhiculé par les partis extrémistes aussi et dans ce cas, il ne s’agit pas d’une fatalité ou d’un imprévu malheureux, mais bien d’une "maladie" pensée, programmée et voulue!

 

À cet égard, réjouissons-nous de la nouvelle encyclique du pape François Fratelli Tutti - Tous frères. Puisse-t-elle inspirer les croyants que nous sommes et tout être humain. Puissent-elles aussi inciter nos dirigeants pour combattre ce virus du rejet de la différence avant qu’il ne corrompe une partie de notre jeunesse, éblouie par des discours musclés et dangereux.

Jean-Jacques DURRÉ

Catégorie : En dialogue

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