La crise sanitaire du Covid-19 mobilise la "une" de l’actualité depuis des mois, éclipsant du même coup d’autres événements, parfois dramatiques, qui impactent la vie quotidienne de millions de gens sur la Terre. Depuis des semaines, les journaux radio et télé, mais aussi la presse généraliste nous dresse en détail la manière dont allait se passer la rentrée scolaire, et actuellement comment elle se déroule. Elle met en évidence les difficultés que rencontrent certains secteurs de l’économie. C’est bien évidemment normal. La question est de savoir si, à force de revenir constamment sur les mêmes thèmes, les médias traditionnels ne contribuent-ils pas à entretenir un climat anxiogène? Et à maintenir dans un "cocon artificiel" les téléspectateurs et lecteurs que nous sommes.
L’autre conséquence de cette situation est qu’on escamote des problématiques qui, subitement, semblent ne plus exister. Un peu comme si les différents conflits qui parsèment le globe, les craintes liées à la protection de l’environnement et au dérèglement climatique, le drame des migrants avaient… disparu! Résolus d’un coup de baguette magique? Bien sûr que non!
Il aura fallu l’incendie du camp de réfugiés Moria sur l’île de Lesbos – que le pape François avait visité en 2016 – (lire page 5), pour qu’on se rappelle que des milliers de personnes sont "parquées" dans des camps et que l’Europe n’accepte que du bout des lèvres, d’en accueillir à peine quelques centaines. N’allons pas prétendre que si les vingt-sept pays membres de l’Union européenne en accueillent chacun une partie, il s’agit d’une "invasion". L’accueil du plus pauvre est une question d’humanité! et de solidarité! L’évangile nous y invite.
L’autre information qui laisse pantois – pour peu qu’elle se révèle exacte – est cette révélation: au plus fort de la crise du Covid-19, certains hôpitaux auraient refusé d’accueillir et soigner des pensionnaires de maisons de repos atteints par le virus, au prétexte que la priorité devait être donnée aux plus jeunes malades. Un professeur d’université a même parlé "d’assassinats de masse". Si c’est vrai, c’est une honte! Et il faudra enquêter car près de cinq mille pensionnaires sont décédés.
Tout cela démontre hélas, que la solidarité envers les plus faibles (qu’ils soient âgés, nourrissons en devenir ou encore migrants) tend à se rompre. A nous de réagir pour éviter de vivre dans un monde où la fragilité n’a plus sa place. Car ce monde-là, je n’en veux pas!
Jean-Jacques DURRÉ
