Le week-end dernier, des pompiers ont été la cible de jets de cocktails Molotov au cours d’une intervention dans le quartier des Marolles, à Bruxelles. Vendredi dernier, deux jeunes avaient été arrêtés administrativement pour avoir jeté des pierres sur des véhicules de police. Dans un autre domaine, des animaux sont mutilés ou égorgés; acte de pur cruauté incompréhensible et inacceptable.
D’où cette interrogation: notre société est-elle malade? Cette question posée de manière abrupte peut interpeller. Pourtant, nombreux sont les signes que notre époque traverse bien des turbulences dans différents domaines. Ce qui m’inquiète, c’est ce mal-être qui semble s’emparer de certaines couches de la population, notamment défavorisées. Entendons-nous: il n’y a aucune volonté de stigmatisation, mais bien le besoin de s’interroger sur ce qu’on peut faire pour donner de l’espérance à ceux qui voient leur avenir de manière bien sombre et qui – pour passer le temps? – en sont réduits à recourir à la violence. On rétorquera sans doute que l’éducation est en cause et que donc, le respect de l’autorité disparaît. Il y a sans doute du vrai.
Toutefois, je ne peux m’empêcher de penser que notre société hyper individualiste a sa part de responsabilité. Et la société: c’est chacun de nous! L’école de la vie est difficile. Or, lorsqu’on prône l’excellence, le chacun pour soi et la loi du plus fort, on donne de la vie une image erronée. Pour nous chrétiens, c’est l’inverse. Notre vision de la société porte sur la fraternité, la solidarité, l’amour du prochain. Raison pour laquelle le pape François publiera le 3 octobre prochain, la troisième encyclique de son pontificat. Elle portera précisément sur la fraternité humaine, avec comme titre "Tous frères". Un document d’une brûlante actualité!
Car il y a urgence: si nous n’agissons pas là où nous sommes pour faire reculer les égoïsmes, si nous ne donnons pas des perspectives d’avenir à une jeunesse en quête de reconnaissance et d’existence, si nous poursuivons à promouvoir la loi du plus fort et l’élimination des plus fragiles, nous contribuons à bâtir un monde sans âme et une société où il ne fera pas bon de vivre. Pensons-y! Condamner les actes est important, mais tenter de tout faire pour que cela n’arrive plus l’est davantage.
Jean-Jacques DURRÉ
