En reconnaissant le génocide arménien, l'Etat français ne craint pas d'affronter les foudres d'Ankara. La tension croît entre les deux pays, depuis le vote, le 23 janvier, par le Parlement français, d'un projet de loi visant à pénaliser la négation du génocide arménien, au même titre que le génocide des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. La Turquie a immédiatement qualifié cette proposition de loi d'"acte irresponsable" et menace son partenaire économique de représailles "permanentes"…
A l'inverse, le peuple arménien salue avec gratitude cette prise de position française, la qualifiant de véritable "initiative historique". 97% des Arméniens sont chrétiens. Les deux tiers d'entre eux vivent aujourd'hui exilés en Russie, aux USA, au Canada, mais aussi en France, où ils représentent environ 450.000 personnes.
Concrètement, cette proposition de loi prévoit un an de prison et 45.000 euros d'amende pour celui qui conteste ou minimise un génocide reconnu par la loi française. Après avoir été adoptée par l'Assemblée nationale le 22 décembre et ratifiée par le Sénat (avec 127 voix favorables contre 86), elle doit encore être promulguée par le président de la République. Ce devrait être fait dans les 15 jours de ce vote entériné par le Sénat.
la Croix/le Soir/at
