Remettre l’humain au centre… enfin !


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Remettre l’humain au centre… enfin !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
2 min

Depuis lundi 4 mai, nous sommes entrés dans la première phase du déconfinement annoncée par le gouvernement. Au moment d’écrire ces lignes, il est bien sûr difficile de dire si la majorité de nos concitoyens respectera les règles qui restent de vigueur comme la nécessaire "distanciation sociale" notamment. Certes, des mesures strictes sont prises et seront sûrement étroitement encadrées et surveillées. Le but n’est pas de restreindre nos libertés, mais d’éviter qu’une seconde vague de contagion n’apparaisse.
Soyons clairs: tant qu’un vaccin n’a pas été trouvé et que son efficacité a été démontrée, nous ne serons pas à l’abri. D’où l’importance de maintenir des règles de sécurité. En attendant un éventuel remède pour nous protéger, il faut admettre, sans doute avec regret, voire avec peut-être de la colère, que rien ne sera plus pareil. Il y a bel et bien un "avant" et un "après". Et cet "après" risque d’être lui aussi douloureux, sur les plans social et économique. Avec un vrai danger que la fracture sociale s’aggrave et de voir les fragilisés de notre société l’être encore davantage.
Le péril serait de tomber dans le piège de ce que le philosophe des sciences du hasard Nassim Nicholas Taleb appelle la "déformation rétrospective". Dans son ouvrage "Le cygne noir – La puissance de l’imprévisible", il précise que celle-ci consiste à évaluer les choses seulement après qu’elles se sont produites, comme si on les voyait dans un rétroviseur, nous faisant ainsi apparaître l’histoire comme plus claire… avec pour conséquence d’en tirer des enseignements biaisés.
Force est de constater que notre monde était engagé dans une course folle depuis des décennies et ce, dans bien des domaines. Aujourd’hui – et c’est heureux – de plus en plus de voix s’élèvent pour demander de "remettre l’humain au centre". On ne peut que s’en réjouir tout en rappelant que depuis son accession au trône pétrinien en 2013, le pape François n’a cessé de marteler et de répéter ce message. Je me réjouis que cet appel ait enfin été entendu. Hélas, il aura fallu ce "Cygne noir" (*)
qu’est cette pandémie pour que ce soit le cas. Il ne reste plus maintenant qu’à travailler pour que cela devienne notre réalité quotidienne!

Jean-Jacques DURRÉ
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(*) Les "Cygnes noirs" sont ces événements aléatoires, hautement improbables, qui sont pratiquement impossibles à prévoir et auxquels pourtant nous tentons toujours de trouver a posteriori une explication rationnelle.

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