En attendant demain…


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En attendant demain…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Demain, nous l’attendons tous. Entendez par là, la fin du confinement qui nous permettra de ne plus nous tenir à l’écart de nos proches, de ceux que nous aimons ou apprécions. La crise sanitaire qui nous oblige à rester chez nous et donc à mettre entre parenthèses notre vie sociale laissera des traces. C’est indéniable. Personne ne sort indemne d’une telle situation, qui après un mois, pèse sur le moral de nombreuses personnes.
Lors de sa communication du 15 avril, le Conseil national de sécurité a annoncé que les résidents des maisons de repos et de soins allaient pouvoir à nouveau recevoir de la visite, strictement encadrée bien sûr. Dès le lendemain, une levée de boucliers a eu lieu, à commencer par une partie de ceux qui avaient approuvé l’idée. Les responsables des maisons de repos ont aussitôt fait part de leur appréhension face à cette décision, estimant n’être pas équipés pour y parvenir et protéger le personnel et les résidents. Certains bourgmestres ont pris des arrêtés pour interdire toute visite. Et pourtant…
Sans minimiser les risques et sans nier le manque de matériel de protection ou de dépistage, cette décision du Conseil national de sécurité était la première mesure qui contenait enfin un peu d’humanité, dans notre société actuellement cloîtrée. Les chiffres qu’on nous égrène chaque jour démontrent que beaucoup de décès concernent des personnes âgées. Mais, combien parmi elles ont succombé par tristesse et désespoir d’être privées de tout contact, surtout avec la famille? Une dame âgée de mes connaissances m’a confirmé être confinée dans sa chambre – qui doit faire à peine 12m² – depuis… deux mois déjà. Plus de contact pour les repas, plus d’activités en commun, plus de visites… Terrifiant!
Alors, oui: il est vital de permettre à nouveau les visites dans les homes. De redonner de la chaleur humaine à celles et ceux qui, à l’automne de leur vie, sont davantage fragilisés par cette crise qui les coupe de tout contact social et familial, en dehors du personnel soignant dont on ne devra jamais oublier le dévouement.
Rappelons-nous qu’en France, lors de la canicule de l’été 2018, près de 20.000 personnes avaient trouvé la mort en raison de l’indifférence et du manque de solidarité et de contacts.
Ne permettons pas à la froideur du "politiquement correct" de prendre le dessus, alors que les initiatives solidaires fleurissent aujourd’hui un peu partout.

Jean-Jacques DURRÉ

Catégorie : En dialogue

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