Comme chaque année à la même période, l’Académie des Sciences de Stockholm attribue les Prix Nobel dans différentes disciplines. Généralement, la presse attend avec impatience le Prix Nobel de la Paix et les supputations vont bon train sur ceux ou celles qui peuvent prétendre à recevoir la prestigieuse récompense. Ce n’est pourtant pas celle-ci que je voudrais mettre en lumière, mais bien le Nobel d’économie.
Il a été décerné à un trio de chercheurs spécialisé dans l’économie du développement. En clair, le Prix Nobel d’économie est attribué à la lutte contre la pauvreté. Cela mérite donc de s’y attarder parce que les lauréats n’ont pas été récompensés pour une recherche théorique ou basée sur des modèles abstraits, mais bien sur une méthode de recherche expérimentale introduisant une nouvelle approche pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde.
Les recherches récompensées ont un réel impact sur le bien-être. C’est la raison pour laquelle l’attribution de ce Prix Nobel d’économie 2019 doit être mise sous les feux des projecteurs. Car les chiffres de la pauvreté font toujours froid dans le dos. Un peu plus de 820 millions de personnes, soit près de 11% de la population mondiale, étaient sous-alimentées en 2018, selon un rapport publié en juillet dernier par plusieurs agences de l’ONU. Par ailleurs, 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de deux dollars par jour et chaque jour. Cette pauvreté frappe aussi les pays dits développés. Ainsi, en Belgique, une personne sur cinq court un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. C’est le plus haut niveau depuis le début des statistiques en 2004.
La lutte contre la pauvreté est donc un enjeu démocratique majeur. En la récompensant, le Prix Nobel nous rappelle que nous ne pouvons plus fermer les yeux. Une mise en lumière qui est la bienvenue. Continuer à croire que la pauvreté est un fléau endémique n’est plus permis.
L’Evangile nous montre le Christ allant vers ceux que la société de l’époque n’a pas gâtés. Il nous donne le chemin à suivre: "Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres." (Jn 13, 34).
Jean-Jacques DURRÉ
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