Indispensable vérification


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Indispensable vérification
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Vendredi dernier, en milieu de soirée, une agence de presse annonce l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès à l’aéroport de Glasgow en Ecosse. L’homme, en cavale, est suspecté d’avoir assassiné son épouse et ses enfants, il y a huit ans, en France. La nouvelle fait donc l’effet d’une bombe. Et toute la presse, tous supports confondus, annonce l’information. Mais, deux jours plus tard… patatras! La personne interpellée n’est pas le suspect recherché. Et depuis, on assiste - heureusement - à un mea culpa, parfois timide, parfois très franc, des responsables éditoriaux qui se sont fait berner. Qui est à l’origine de cette fausse information? La police écossaise qui croit avoir fait un exploit? Ceux qui ont diffusé la nouvelle trop tôt? Qu’importe… La grande responsable de cette bévue est de toute évidence la course au scoop. Les médias - surtout "papier" -,
dont l’état de santé financière est fragile, ont trop tendance à se précipiter sur l’annonce plutôt que sur l’info. Certains préfèrent aujourd’hui être le premier à diffuser une info, quitte à devoir faire marche arrière par après si celle-ci se révèle fausse.
Or, le b-a.ba du métier de journaliste est la vérification. Celle-ci est indispensable, parce sans elle, toute nouvelle erronée peut causer d’énormes dégâts. Et dans notre société de l’immédiateté, accentuée par les médias numériques, il faut en revenir à ce concept fondamental: rechercher la vérité. C’est le message que le pape François a adressé en septembre dernier aux journalistes catholiques. Le souverain pontife a insisté sur l’importance de démasquer les fausses nouvelles, car, a-t-il souligné, "la communication a besoin de paroles vraies au milieu de tant de mots vides".
Pour en revenir au piège dans lequel sont tombés ces journalistes pourtant aguerris, il faut relever que personne n’a pris la précaution élémentaire d’utiliser le conditionnel parce que l’information était diffusée par une agence réputée. Du coup, tous ont oublié que l’erreur est humaine. Voilà pourquoi, un hebdomadaire comme Dimanche veut éviter à tout prix de tomber dans cette course effrénée et nocive au scoop, parce qu’elle porte atteinte à la crédibilité et qu’elle risque de faire plus de mal que de bien.
Espérons que cette leçon servira. Rappelons aux responsables médias cette phrase de John Fitzgerald Kennedy: "Une erreur ne devient une faute que si l’on refuse de la corriger."

Jean-Jacques DURRÉ

Catégorie : En dialogue

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