Déséquilibre


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Déséquilibre
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Le mondial du football a débuté à la veille du week-end dernier et se terminera à la mi-juillet. Une grande fête sportive, qui consacrera aussi l’amitié entre les pays participants, du moins on peut l’espérer. L’engouement des supporters est aussi un point positif, dans la mesure où les différences sociales sont "gommées" le temps de la compétition. Mais, il y a toujours deux faces à une médaille. Au-delà des aspects engageants cités, il y a aussi des points noirs. Le fait d’abord d’organiser la compétition dans un pays qui n’est pas un modèle de démocratie, même s’il veut s’en donner l’apparence. Il s’agit surtout de retrouver un prestige et une place sur le plan international. Notons au passage qu’en 2022, le mondial se déroulera au Qatar, qui n’est pas non plus le champion des droits de l’homme. Autre point négatif: le coût de l’organisation. Cette année, il devrait s’élever aux alentours de 10,1 milliards d’euros. Et dans quatre ans, le Qatar a prévu un budget compris entre 140 et 190 milliards d’euros pour organiser la compétition.
C’est là que réside le déséquilibre. Le sport en général et le football en particulier sont aussi devenus une affaire de "gros sous", hélas! La hauteur des salaires perçus par les sportifs, surtout ceux du ballon rond, et les montants versés pour les transferts d’un club à l’autre, sont souvent indécents au regard de la misère que connaissent certains êtres humains. Faut-il rappeler que près de 900 millions de personnes dans le monde vivent dans une extrême pauvreté et ne mangent pas à leur faim? Je n’écris pas cela pour gâcher ce moment magique qu’est la coupe du monde, mais bien pour souligner précisément l’inégalité de nos priorités. Il suffirait de mobiliser 0,3% du revenu mondial pour aider de manière suffisante les pays qui en ont le plus besoin. Eradiquer la pauvreté sous toutes ses formes reste un des plus grands défis auxquels l’humanité doit faire face.
On ne peut donc que se réjouir qu’en 2015, l’ONU a fixé dix-sept objectifs à atteindre, dans le cadre de son plan pour un développement durable. Le premier de ceux-ci est de lutter contre la pauvreté et le deuxième est d’en terminer avec la faim dans le monde d’ici 2030. Ce plan devrait coûter environ 2.500 milliards de dollars sur quinze ans. Et si certains pourraient y voir aussi une disparité, c’est dans le bon sens cette fois, qu’elle s’inscrit.

Jean-Jacques DURRÉ
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