Nous sommes dans une année électorale et vous aurez sans doute remarqué que les promesses commencent à fleurir tous azimuts. Dernière en date, une proposition du cdH d’instaurer dix jours de congé par grand-parent en activité, pour qu’il puisse s’occuper de ses petits-enfants. L’idée est séduisante, mais est-elle réalisable? Au-delà de cet exemple, il importe surtout que nos formations politiques tiennent un discours vrai à l’égard des électeurs. Que nos femmes et nos hommes politiques se considèrent comme étant les représentants de cette société civile dont ils parlent si souvent. Dernièrement, j’ai été sidéré d’entendre que, dans une commune, le droit d’interpellation sera accordé aux habitants qui pourront intervenir lors des conseils communaux. C’est fort bien, mais la justification qui était donnée m’a laissé bouché bée: "Pour que la société civile puisse venir vers ses élus!" Or, c’est l’inverse qui devrait se faire. C’est l’élu, à qui le vote a été accordé, de rejoindre ses électeurs.
Pire encore sont les discours où on promet de décrocher la lune, sachant que notre système électoral nous oblige à faire des compromis. Il n’y a rien de plus dangereux que de faire une promesse aux électeurs et ne pas la tenir. Ainsi, en 2004, l’actuel Premier ministre avait dit qu’il ne s’allierait jamais aux nationalistes flamands. On a vu ce qu’il en était. Même chose lors des élections communales de 2012, où les bourgmestres de Charleroi et de Namur avaient juré qu’ils se consacreraient exclusivement à leur ville. Le premier a dirigé le gouvernement wallon, dans lequel le second était ministre. Aujourd’hui, à quelques mois du scrutin local, ils assument pleinement leur rôle communal.
Mon propos n’est pas de diaboliser telle formation ou tel élu, mais de mettre en exergue la nécessité de changer de système, d’en revenir à la promesse tenue. Dans le cas contraire, l’électorat se sent trompé, se dit que depuis des décennies on lui promet le changement dont il ne voit pas la concrétisation dans son quotidien. Dès lors, la tentation de répondre aux chants des sirènes des partis aux discours racoleurs est grande. Avec toutes les conséquences négatives que cela pourrait entraîner.
Jean-Jacques DURRÉ
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