Edito – Transparence… ?


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Edito – Transparence… ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Sans doute l'aurez-vous remarqué: c'est un mot qui est de plus en plus utilisé, dans différents domaines. Que ce soit en politique, en économie, en soins de santé, etc. Les récentes affaires que notre pays a connues ont à chaque fois abouti à "vouloir faire la transparence". Que ce soit dans le scandale de la viande avariée, des dossiers Nethys ou Samusocial, pour ne citer que ceux-là, et dernièrement dans l'affaire du remplacement de nos avions de chasse F-16… C'est encourageant. Parce qu'il ne faut pas oublier que l'antonyme du mot "transparence" est "opacité". Et force est d'admettre que parfois celle-ci prend le dessus jusqu'au moment où le "pot aux roses" est découvert.

Le vocable "transparence" prend en revanche, à mes yeux, une toute autre connotation lorsqu'on parle des croyants. Pris dans ce contexte, être transparent équivaut à ne pas exister, à se fondre dans la masse, à mettre ses idées en retrait. Or, dans l'évangile de Matthieu, lors de son discours sur la montagne, Jésus dit à ses disciples "Vous êtes la lumière du monde" (Mt 5, 14-16). Pas question donc d'être transparent, mais au contraire, Il nous invite à devenir des acteurs visibles. Et sans doute encore davantage aujourd'hui, dans un monde sécularisé.

Il est regrettable de constater que ceux qui parlent de diversité, de multiculturalité ou d'égalité, estiment que dans ces mots, notre société ouverte sur le monde puise sa force, mais ces mêmes défenseurs de la diversité jugent que la religion et la foi, doivent rester du domaine privé et surtout ne pas se mêler des grandes questions qui font débat. Il y a là une réelle contradiction.

Alors que nous venons de fêter la Résurrection du Christ, venu apporter la Bonne nouvelle, il est utile de se souvenir qu'avec la venue de Jésus, nous savons que tout a changé. Lorsque le Christ a dit à ses disciples "Vous êtes la lumière du monde", il n'entendait pas les mettre en avant et leur dire ce qu'ils devaient faire, mais bien de définir ce qu'ils sont. A partir de cette fête de Pâques, l'Eglise et toute la communauté chrétienne, sont appelées à témoigner, à défendre nos valeurs, non comme un étendard, mais bien pour travailler à la construction d'un monde plus équitable. N'en déplaise à ceux qui veulent confiner la foi au seul domaine privé: nous ne sommes pas destinés à être transparents. Au contraire! C'est à cela que l'espérance de la fête de Pâques nous convie.

Jean-Jacques Durré
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