Affaire Gaël Giraud : ce que l’on sait aujourd’hui


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Affaire Gaël Giraud : ce que l’on sait aujourd’hui
Père Gaël Giraud © Youtube CathoBel
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Soupçonné de faits d’emprise et d'agression sexuelle, le prêtre jésuite et économiste conteste formellement les accusations révélées par La Vie. La Compagnie de Jésus a détaillé la chronologie des faits et les démarches engagées en amont vis-à-vis de Gaël Giraud.

Le mercredi 17 décembre, La Vie publie une enquête sur les "ombres" du prêtre et économiste Gaël Giraud, évoquant des faits d’emprise spirituelle et psychologique sur deux femmes. L’une, vierge consacrée, parle de rapports sexuels pouvant "s’apparenter à un viol" ; l’autre l’accuse de l’avoir "installée dans une vision de la sexualité qui était celle de la contrainte". Dans La Vie, Gaël Giraud conteste "formellement et en bloc" ces accusations, qu’il estime diffamatoires.

Signalement à la justice

La parution de cet article a néanmoins poussé la hiérarchie jésuite à réagir via un communiqué. L’on y apprend que "conformément aux procédures internes de la Compagnie de Jésus, un signalement a été adressé au Procureur de la République." Le parquet de Paris a de fait reçu, le 25 novembre, un signalement de la congrégation pour soupçons de violences sexuelles sur deux femmes. Les responsables de la Province jésuite ajoutent qu’une enquête préliminaire canonique a été ouverte. Etonnant: Gaël Giraud affirme avoir, de son côté, déposé un signalement canonique pour harcèlement moral contre… le responsable régional de la Compagnie de Jésus !

Invité à s’exprimer au micro de RCF Radio Notre-Dame au lendemain des révélations, l’adjoint du Provincial, Grégoire Le Bel, tient à souligner le "courage" qu’ont eu les personnes témoignant dans l’enquête de "briser le mur de la peur, le mur de la honte, le mur du mépris". Il retrace la chronologie des faits, expliquant qu’en 2024, la congrégation apprend l’existence d’une relation sexuelle consentie, ce qui conduit au "retrait" de Gaël Giraud de la vie publique et à une période de "probation de 18 mois" assortie de "mesures restrictives très claires". Mais, le 5 novembre 2025, une plaignante "est venue nous voir" pour "requalifier" les faits "en agression sexuelle". La semaine suivante, Grégoire Le Bel procède au signalement à la justice, "même si je n’étais pas obligé car il s’agit de relations entre majeurs". 

Devant la gravité des récits, il déplore une "dualité de comportement", entre une "face brillante" et une "face sombre". "C’est un compagnon, un membre de ma famille. Mais en même temps, c’est quelqu’un qui, visiblement, a fait beaucoup de mal", confie le responsable jésuite. Il assure qu’aujourd’hui, Gaël Giraud "n’exerce plus aucune mission pastorale".

Présomption d’innocence

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Présent dans le studio de RCF Radio Notre-Dame, l’essayiste Matthieu Poupart a dénoncé un "naufrage collectif". "Pendant des années, on a livré collectivement et institutionnellement des victimes au Minotaure". Et encore : "des alertes ont été lancées envers la personne de Gaël Giraud depuis des années". Face à lui, Grégoire Le Bel conteste : "Je ne peux pas laisser dire qu’on a laissé les victimes au Minotaure".

Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre exigence de vérité et rappel des principes fondamentaux du droit. Le père Éric de Beukelaer dit "comprendre la démarche de transparence des jésuites", tout en soulignant la nécessité de "rappeler la présomption d’innocence". Le père Patrick Goujon, jésuite et ancienne victime d’agressions sexuelles, salue "un travail de journaliste remarquable" et appelle à "faire la lumière, avec détermination", tout en espérant que "la justice se fera, en respectant les droits de chacun".

C.L. (avec RCF)

Catégorie : Eglise monde

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