L’installation de Paul III Nona en tant que nouveau patriarche catholique chaldéen à Bagdad nous a offert une première.
La photo est historique : il s'agit du tout premier cliché réunissant les six patriarches des Églises issues de la tradition syriaque. Elle a été prise lors de l’installation du nouveau patriarche catholique chaldéen, Paul III Nona, vendredi dernier en la cathédrale Saint-Joseph à Bagdad.
Le prélat de 59 ans a été élu par le synode de l'Église catholique chaldéenne à Rome le 12 avril dernier pour succéder au patriarche émérite Louis Raphaël Ier Sako en tant qu'archevêque de Bagdad et patriarche de son Église catholique orientale. Le cardinal Sako avait renoncé à sa charge en mars. Le 24 avril, le pape Léon XIV a confirmé que le choix du nouveau patriarche avait été fait en communion avec le Saint-Siège.
Nestoriens
L'Église chaldéenne catholique (qui compte environ un million et demi de fidèles dans le monde) trouve ses origines dans l'Église nestorienne d'Orient, qui se décline aujourd’hui en deux branches : l'Église assyrienne de l'Orient (plus d’un quart de million de fidèles, dont 80 000 en Inde et 100 000 aux États-Unis) et l'Église ancienne de l'Orient (à peine 15 000 fidèles), séparée de l'Église assyrienne de l'Orient depuis 1968 à la suite d’une réforme du calendrier.
On peut reconnaître les patriarches de ces « Églises des Deux Conciles » à leurs manteaux à col rouge, leur bonnet rond d'évêque (appelé shashta) et leur croix épiscopale portée sur une soutane rouge. Awa III, de l'Église assyrienne de l'Orient (à gauche de Nona), et Gewargis III Younan, de l'Église ancienne de l'Orient (troisième à gauche), n’apparaissent que très rarement ensemble sur une même photo.
Le nouveau patriarche chaldéen a prononcé des mots particulièrement élogieux à l’égard de ces deux Églises sœurs, évoquant non seulement "la même tradition et la même histoire", mais aussi, "si Dieu le veut, un avenir commun".
Syriaques
Les deux « Églises des Deux Conciles » et l'Église catholique chaldéenne célèbrent des liturgies syriaques orientales. L'Église syriaque orthodoxe (environ un million et demi de fidèles) et l'Église syriaque catholique (plus de 200 000 croyants), qui s’en sont séparées, célèbrent quant à elles des liturgies syriaques occidentales.
Sur la photo prise vendredi, le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Efrem II Karim se tient entre les deux patriarches nestoriens, tandis que le patriarche syriaque catholique Ignace Joseph III Younan apparaît comme le deuxième à gauche de Nona. L'Église maronite libanaise (plus de trois millions et demi de fidèles) célèbre également un rite syriaque occidental. Son patriarche, le cardinal Béchara Boutros al-Raï, figure sur la photo juste à gauche du nouveau patriarche.
Œcuménique
La célébration de l’installation de Paul III Nona a constitué un moment fort de communion œcuménique, dans la continuité d’initiatives similaires organisées à l’occasion de la fête de l’Exaltation de la Croix et du dimanche des Rameaux dans le nord de l’Irak. Rome avait délégué à Bagdad le cardinal-préfet Claudio Gugerotti, du Dicastère pour les Églises orientales (quatrième à droite de Nona sur la photo).
Bien que la liturgie de l’Église catholique melkite (1,3 million de fidèles) soit de tradition byzantine et non syriaque, son patriarche Youssef Ier Absi (troisième à gauche de Nona) était également présent.
Figurent également sur la photo, à gauche, le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak (Église copte catholique, plus de 150 000 fidèles, principalement en Égypte) et le patriarche Raphaël Bedros XXI Minassian des catholiques arméniens (environ 350 000 fidèles). À droite apparaît le représentant du patriarche Jean X Yazigi, du patriarcat grec orthodoxe d’Antioche, le métropolite Ghattas Hazim de Bagdad, du Koweït et des territoires associés.
Benoit LANNOO

