Avec l’exposition Saisir la vie partout, le Delta met en lumière les photos de Vivian Maier, la photographe au talent reconnu après sa disparition.

En 2022, une exposition consacrée aux autoportraits de Vivian Maier était présentée à Bruxelles (Bozar). C’est que, tout au long de sa carrière cachée, la photographe s’est mise en scène avec une capacité à réinventer l’autoportrait qui laisse admiratif. Mais le travail artistique de la photographe va bien au-delà. Elle parvient à saisir l’anecdotique du quotidien, avec un sens inouï du détail. Ses instantanés captent des scènes ordinaires en rue, un bas nylon fléché, un regard rêveur… Toutes ces bribes a priori dérisoires ou futiles du quotidien. Pourtant, Vivian Maier en est convaincue : la vie se trouve dans ces petites scènes de l’ordinaire.

Une notoriété posthume
L’existence de cette Européenne installée aux Etats-Unis d’Amérique a été mise sous les feux de la rampe, il y a quelques années déjà. Assurant l’essentiel de ses rentrées financières grâce à un travail de nounou et de gouvernante d’enfant, Vivian Maier n’a jamais connu la notoriété de son vivant. La découverte de ses négatifs, pour la plupart jamais développés, remonte, en effet, à son décès et à la vente de ses cartons. De sa vie tout en ombres, des récits biographiques et des romans ont vu le jour. Il faut reconnaître que sa vie cachée et la beauté de ses photos ont tout d’une aventure hollywoodienne, jusqu’à sa mort dans une grande précarité.
Les années 1950 ont été particulièrement fécondes dans la carrière de la jeune femme, dès le moment où elle a acheté un appareil Rolleiflex. Et cette spécialiste de l’éphémère et de l’instantané d’installer, ensuite, une chambre noire dans le sous-sol de la famille qui l’hébergera durant onze ans.
Au musée Delta, l’espace culturel provincial namurois, cinquante photos de l’Américaine sont actuellement présentées dans une exposition aux accents intimistes et pour l’essentiel prises en extérieur. La majorité de ces photos sont en noir et blanc, tandis qu’un film retrace l’existence mouvementée de Vivian Maier, née dans une famille chahutée. Les nombreux visages d’enfants et de passants saisis au vol interrogent aujourd’hui. Serait-il encore possible de prendre ceux-ci en photo sans autorisation dûment accordée ? Fort heureusement pour elle, le règlement général sur la protection des données (RGPD) n’avait pas encore vu le jour !
A noter que le Delta propose également Les trésors minuscules (jusqu’au 4 janvier 2026) de l’artiste Christian Voltz. L’auteur-illustrateur y décline de multiples compositions réalisées avec des bouts de bois, des clous, des petits papiers… Tout un univers de matériaux de récupération en extension.
Angélique TASIAUX
"Saisir la vie partout" est à voir jusqu’au 30 novembre au Delta, à Namur.

