De retour de Gaza, le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, a tenu à assurer, une nouvelle fois, les habitants de son soutien et de celui de la communauté chrétienne tout entière.
Dans une déclaration adressée depuis le Centre Notre-Dame de Jérusalem le 22 juillet, le cardinal Pierbattista Pizzaballa est revenu sur sa visite à Gaza le 18 juillet, en compagnie du patriarche orthodoxe de Jérusalem. "Nous avons pénétré dans un lieu de dévastation, mais aussi d’humanité bouleversante. Nous avons marché parmi les ruines, sommes passés devant des bâtiments effondrés, des tentes partout : dans les cours, les ruelles, les rues, sur la plage — des tentes devenues des maisons pour ceux qui ont tout perdu. Nous nous sommes tenus auprès de familles qui ont perdu le compte des jours d’exil, car elles ne voient aucun horizon de retour."
Néanmoins, au milieu de cette dévastation, le cardinal Pizzaballa l’assure, il reste "quelque chose de plus profond que la destruction : la dignité de l’esprit humain qui refuse de s’éteindre". Car, parmi cette humanité anéantie, le Christ demeure "crucifié dans les blessés, enseveli sous les décombres, et pourtant présent dans chaque acte de miséricorde, chaque bougie dans l’obscurité, chaque main tendue à ceux qui souffrent".
Les patriarches latin et orthodoxes de Jérusalem prônent ensemble "une voie qui restaure la vie, la dignité et toute humanité perdue", estimant indispensable d'enfin "placer le bien commun des peuples comme priorité absolue". Tous deux redisent leur engagement inébranlable "pour une paix juste, pour la dignité inconditionnelle et pour un amour qui transcende toutes les frontières".
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"Notre foi ne nous offre pas de bouclier contre la réalité de notre quotidien"
En direct des territoires palestiniens, un témoignage volontairement anonyme retrace un quotidien anéanti par la guerre et la faim, dans un lieu ravagé où "l'isolement est profond".
"Chaque jour est un défi. La peur ne nous offre pas de bouclier contre la réalité de notre quotidien ombre constante qui plane sur nos vies, une peur qui n'est pas abstraite mais bien réelle, nourrie par les bruits lointains des explosions, les sirènes, et les récits de ceux qui ont tout perdu."
Ces dernières heures, "La destruction de l'église Sainte-Famille, ce sanctuaire où nous cherchions refuge, a brisé une part de notre âme collective", ajoute cet habitant. Et de poursuivre à propos des territoires palestiniens : "Nos terres sont confisquées, nos oliviers arrachés, nos maisons menacées. Nous vivons avec la menace constante de l'expulsion, de la violence, de la perte de notre héritage. Chaque confrontation, chaque incursion nous rappelle que nous sommes à la merci de forces qui nous dépassent."
Alors, face à ce tourbillon mortifère, les chrétiens de Palestine indiquent s’accrocher à leur foi "comme à des ancres dans une mer agitée". Et de rappeler combien tous ces hommes, ces femmes, ces enfants ne sont "pas des chiffres, mais des êtres humains avec des familles, des rêves, des peurs".
A. T.

