Deux théologiens partagent leur regard sur les suites du Synode : “il faut laisser pétiller la créativité”


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Deux théologiens partagent leur regard sur les suites du Synode : “il faut laisser pétiller la créativité”
Du 2 au 27 octobre, le Synode sur la synodalité tenait sa dernière session à Rome. ©synod.va/Lagarica
Par Armelle Delmelle
Publié le
2 min

Depuis sa chambre d’hôpital, le pape François a approuvé l’envoi d’un document aux évêques du monde entier pour leur proposer une façon de mettre en œuvre les conclusions du synode. Un processus de trois ans qui devrait permettre de prolonger la dynamique synodale, tant au niveau local qu’au Vatican.

Pas de retour en arrière possible

De 2021 à 2024, l’Église dans son entièreté s’est engagée dans un processus synodal à tous les niveaux. Cette démarche inédite, proposée par le pape François, répond à son souhait de ne pas voir « le processus mis en place soit enterré », explique Christophe Herinckx, journaliste à CathoBel.

« Il n’y aura pas de retour en arrière, » affirme le frère Laurent Mathelot, prêtre dominicain. « L’Église fonctionnera de manière synodale. » Pour cela, il est essentiel que la mise en œuvre des conclusions du synode soit une réussite. Cependant, « tout processus prend du temps, » rappelle le frère Laurent Mathelot.

Une mise en œuvre harmonieuse

Pour assurer l’efficacité et la pérennité de cette mise en œuvre, il est « important qu’elle soit harmonieuse », commente Christophe Herinckx. Il précise qu’il est essentiel que chacun comprenne qu’un synode « ce n’est pas un Parlement où chacun peut venir avec son militantisme », comme le souligne le frère Laurent Mathelot.

Le but de ces trois prochaines années n’est pas de refaire le travail déjà accompli. Il s’agit d’appliquer les conclusions approuvées par le pape en octobre 2024. Cette application passe aussi par des rencontres et une écoute attentive à tous les niveaux, rappelle Christophe Herinckx.

La mise en place au niveau local

La première étape de cette mise en place se fera au niveau local, comme ce fut le cas pour la consultation synodale. Selon le frère Laurent Mathelot, il est primordial de « laisser la créativité exploser en dehors de l’équipe pastorale. Le prêtre n’a pas besoin d’être dans tous les groupes synodaux qui vont se créer », précise-t-il.

Pour lui comme pour Christophe Herinckx, l’expression de chacun doit être encouragée. « Il faut inviter largement à s’exprimer sans forcer qui que ce soit », recommande le journaliste. Le frère Laurent Mathelot insiste : « Il faut faire attention à l’expression des sans-voix, de ceux qui ne s'expriment jamais. »

La synodalité implique la participation de tous, apportant une richesse de points de vue. Cette diversité, qui s’exprime dans les échanges, devra se refléter dans les conclusions prévues pour 2028. Cependant, ces conclusions devront rester suffisamment générales pour embrasser l’ensemble des contributions.

« Il y a la richesse de la diversité, mais cette démarche est un mouvement d’ensemble, » rappelle Fr. Laurent Mathelot. Le chemin synodal continue, appelant chacun à participer pleinement, avec créativité et bienveillance.

 


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