Simplification de la PAC : « L’urgence climatique est toujours là »


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Simplification de la PAC : « L’urgence climatique est toujours là »
Par Armelle Delmelle
Publié le
3 min

Lors de leur dernière séance plénière, les eurodéputés ont procédé à près de 90 votes. Parmi ceux-ci, la simplification de la PAC en urgence. Résultat : moins de restriction environnementale. Comme si agriculture et environnement devaient s’opposer.

La Politique d’Agriculture Commune (PAC) européenne est ce qui régit l’agriculture dans l’Union européenne. C’est elle qui donne notamment les conditions pour avoir accès à certains financements et qui établit les exigences minimales pour que la production soit faite dans les règles. C’est elle qui a suscité la colère des agriculteurs ces derniers mois. Une simplification d’urgence a donc été votée au parlement européen le 27 avril dernier.

Cette politique représente un tiers du budget de l’UE bien qu’elle ne touche que 4% des personnes en âge de travailler dans l’Union.

Simplifier au détriment de l’écologie

Les simplifications de la PAC concernent principalement des simplifications d’ordre écologique. Par exemple, il n’est plus obligatoire de dédier une partie (4%) de ses terres à la biodiversité, il ne faut juste pas retirer les arbres et arbustes qui sont déjà là.

Visiblement la révision du texte en satisfait certains, puisque la Fédération des Agriculteurs Wallons considère cela comme une victoire. Pourtant il nous est difficile de comprendre comment ces simplifications vont assurer un meilleur revenu et une diminution du travail administratif. C’est pourtant ce qui était réclamé haut et fort par les agriculteurs.

Statu quo pour le Mercosur

Une autre des inquiétudes des agriculteurs était qu’ils risquaient bientôt de se retrouver avec la concurrence « déloyale » des pays du Mercosur.

Cet accord, signé en 2019, mais pas encore mis en place, est destiné à libéraliser les échanges entre l’UE et quatre pays d’Amérique latine. Il est aujourd’hui bloqué : plusieurs États membres s’opposent à la version actuelle de l’accord. Pour lâcher du lest, la France et d’autres pays exigent des clauses miroirs en matière d’agriculture qui ne sont pour le moment pas imposées aux pays sud-américains.

Les opposants au traité l’accusent en effet de contribuer à importer plus de produits agricoles dans l’UE sans pour autant respecter toutes ses règles, favorisant une concurrence déloyale et exerçant une pression sur le marché européen. C’était effectivement l’une des raisons de la grogne des agriculteurs au début de cette année.

Agriculture et environnement peuvent aller de pair

Pour Christophe Renders, chargé d’analyse et d’animation au Centre Avec, une chose est sûre c’est que l’agriculture et l’environnement doivent aller de pair : “C’est nécessaire”. Il nous explique d’ailleurs que, selon les chiffres de l’administration wallonne, “90% des terres agricoles en Wallonie ont perdu de leur fertilité. C’est une agriculture qui appauvrit les sols.”

“Tous ces aspects sont interconnectés. Et vouloir travailler uniquement sur une question et pas sur l'ensemble, c'est une mauvaise chose. Je regrette amèrement que les députés européens, sans presque aucun débat, sous la pression électorale et la pression des agriculteurs, aient choisi cet élément des contraintes environnementales alors que ce n'est pas du tout ce dont on a besoin aujourd'hui,” continue Christophe Renders.

Pour Angélique Tasiaux, journaliste pour CathoBel et Dimanche, “le Green Deal était ambitieux effectivement. Et peut-être qu'une des difficultés est que nous sommes dans une "émocratie", nous réagissons selon les émotions. En fait, l'urgence climatique reste là, quand bien même d'autres événements malheureux d'actualité sont en train de lui porter ombrage. C'est important de s'appuyer sur des études chiffrées, des études scientifiques et de garder un cap.”


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