« Au bonheur des gens… », raconte Benoît Lobet, doyen de la cathédrale de Bruxelles


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« Au bonheur des gens… », raconte Benoît Lobet, doyen de la cathédrale de Bruxelles
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

Pour ceux qui se demanderaient à quoi ressemble la vie quotidienne du curé-doyen de la Cathédrale Saints Michel et Gudule, l'abbé Benoît Lobet répond sur son blog personnel. Le récit est daté d'une dizaine de jours.

Derrière les murs prestigieux, combien de rencontres, ou de moments avec Dieu ?

Je me lève tôt, vers 6h00, pour avoir plus de temps à ne rien faire. "Ne rien faire", je veux dire par là : prier. J'ai la chance d'avoir, jouxtant ma chambre, un petit oratoire où je dépose mon moi sorti du sommeil et souvent - toujours - très langoureux. Je reste là, face à Dieu, face à moi, face au vide des deux, et j'appelle cela "prier". Pourtant, de ce creux, tout se noue : la journée à venir reprend visage, et tout ce temps passé (deux heures, souvent), avec toutes les tentations - dont celle, à laquelle quelquefois je cède, de me remettre dans le lit voisin, oui avec toutes ces tentations qui disent ma faiblesse, ma pauvreté, mon incapacité foncière face à la tâche pastorale.

Et puis la journée commence : vers 10h00, je prends connaissance des choses à faire, courrier, demandes, rendez-vous, etc. Et les activités sont terriblement variées : aujourd'hui, par exemple, à 11h00, il y eut une réunion avec les divers services du Protocole du Royaume, pour préparer le Te Deum du 21 juillet prochain. Un certain souci, sans doute bien légitime...

Le Te Deum du 21 juillet 2023 en photos

Après-midi, à 15h00, un rendez-vous avec la fille d'une défunte dont je célébrerai mardi prochain les funérailles à la Cathédrale. Un incroyable récit de vie de cette femme, qui vient de se retrouver brusquement orpheline, sans famille, sans fratrie, avec seuls quelques amis fidèles autour d'elle. Je n'ai jamais rien vécu de plus précieux que ces "récits" de vie, qui viennent s'échouer devant le pauvre prêtre que je suis dans des moments difficiles et surtout dans les deuils. On les écoute, longuement, on les attrape, on les "boit", en quelque sorte, et ils finissent sans doute par faire la matière première de la prière du lendemain matin.

Et, au milieu de la journée, bien  sûr et heureusement, il y a la messe, la messe quotidienne, avec le petit groupe - et pas toujours si petit que cela - de fidèles de cette messe de 12h30. On s'y met à l'écoute de la Parole de Dieu, on y rompt le pain  eucharistique - on y nourrit sa vie spirituelle, sa vie tout court.

Et soir, petite promenade, petit dîner, et vite au dodo.

Demain, à six heures, hein...

✍ Benoît Lobet, Professeur de Théologie
à Louvain-La-Neuve,
Curé-Doyen de la Cathédrale des Saints Michel- et-Gudule
et Doyen de Bruxelles-Centre

Catégorie : En dialogue

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