Lors de la cérémonie d’ouverture du Meeting mondial sur la Fraternité Humaine, #NotAlone, le 10 juin place St-Pierre, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège, a mis l’accent sur la nécessité du dialogue. Le pape François, quant à lui, nous appelle à poser des gestes concrets de fraternité.

Cette rencontre à laquelle prenaient part 30 lauréats du prix Nobel de la paix représente «un signe d'espoir pour le monde», a tout d’abord estimé le cardinal Parolin qui voit dans ce rassemblement «la richesse des différences et des expériences dont chacun est porteur, pour témoigner de ce qui unit notre humanité et nous permet de nous reconnaître comme frères et sœurs, comme l'enseigne le Saint-Père François dans son magistère».
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Le dialogue comme chemin le plus noble pour le bien de la communauté humaine
Pour le Secrétaire d’État du Saint-Siège, «agir dans un esprit de fraternité est une responsabilité» à laquelle ne peuvent se soustraire ceux qui sont appelés «à animer la culture des relations internationales». Il n’a pas manqué de mettre également en évidence l’importance du «dialogue» dans un monde où les conflits et les guerres ravagent et affectent les plus faibles.
«Beaucoup d'entre vous, par des choix et des gestes posés dans des zones de conflits, démontrent par l'exemple de la vie que dans l'interruption du dialogue les relations dégénèrent, et que la fraternité qui unit est plus forte que la douleur qui divise», a-t-il déclaré. Emprunter le chemin du dialogue est certes «épuisant, souvent tortueux et peu gratifiant», mais «c'est ce qu'il y a de plus noble pour le bien de la communauté humaine, tant au niveau local qu'international», a-t-il noté.
Qu'aucun homme sur terre ne se sente exclu de la famille humaine
La coopération entre les pays, l'affirmation de la primauté du droit sur la force, l'engagement en faveur d'un développement humain intégral et d'une économie adaptée aux aspirations de justice de tous les peuples, sont les multiples expressions d'un dévouement qui «nous pousse à travailler sans relâche pour qu'aucune femme et aucun homme sur terre ne puisse être ou se sentir exclu de la famille humaine», a poursuivi le cardinal. L’encyclique Fratelli Tutti éclaire ainsi ce chemin ardu mais inéluctable, en «nous soutenant dans notre intention d'avancer vers l'amitié sociale entre les peuples et la résolution des conflits».
Ouvrir les portes à l'espérance et faire chemin ensemble
C'est précisément dans ce sens, a-t-il noté, que la rencontre fraternelle se propose de «nous prendre par la main et de nous amener à comprendre les positions de ceux qui ne pensent pas comme nous», pour «ouvrir ensuite, dans la réciprocité, les portes à l'espérance de partager une direction dans laquelle l'humanité puisse cheminer ensemble, en veillant à mesurer le rythme pour ne laisser à la traîne aucun de ceux qui cherchent un chemin commun». Cette «sollicitude solidaire et subsidiaire», le plus souvent silencieuse, a estimé le prélat, part de la personne, pour embrasser la dimension familiale, la dimension sociale et la dimension des nations, jusqu'à la communauté internationale.
Construire des institutions capables de dépasser les intérêts individuels
En effet, dans ce monde d’aujourd’hui «rapide et complexe qui est le nôtre, aussi globalisé que pollué», tout est lié et interdépendant, a-t-il observé, raison de plus pour se confronter, élargir son regard et unir ses forces. «La cause de la paix l'exige, l'urgence d'un développement moins injuste et plus intégral l'exige, la maison que nous habitons tous l'exige, dans la conscience que "l'analyse des problèmes environnementaux est indissociable de l'analyse des contextes humains, familiaux, professionnels et urbains, et de la relation de chaque personne avec elle-même» (Fratelli Tutti, 141).
Toutes les crises géopolitiques, climatiques, sociales, «sont unies par la nécessité de coopérer pour le bien commun, en construisant des relations, des règles et des institutions capables de dépasser les intérêts individuels: elles postulent, pour ainsi dire, à une "écologie de la fraternité humaine».
Le pape nous invite à poser des "gestes concrets de fraternité"
Dans son message écrit pour l'occasion, le pape François a notamment exprimé l'idée que "le Ciel qui est au-dessus de nous nous invite à marcher sur la terre ensemble, à nous redécouvrir frères et à croire en la fraternité comme une dynamique fondamentale de notre pèlerinage".
Hospitalisé suite à une lourde intervention chirurgicale subie le 7 juin dernier, le Saint-Père n’a pas pu se rendre à cet évènement, mais son discours a été lu par le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique Saint Pierre et président de la fondation Fratelli Tutti, organisatrice de la rencontre.
"La fraternité a quelque chose de positif à offrir à la liberté et à l’égalité" a rappelé le Souverain pontife, citant un passage de son encyclique Fratelli Tutti.
Dans notre monde déchiré par la violence et la guerre, les retouches et les ajustements ne suffisent pas, affirme le pape François, "seule une grande alliance spirituelle et sociale qui jaillisse des cœurs et s’articule autour de la fraternité peut remettre au centre des relations le caractère sacré et inviolable de la dignité humaine".
Le Saint-Père a par ailleurs invité chacun à penser "quel geste concret de fraternité faire" : nous réconcilier en famille, entre amis ou entre voisins, prier pour ceux qui nous ont blessés, reconnaître et aider ceux qui sont dans le besoin, porter une parole de paix à l’école, à l’université ou dans la vie sociale, ...
"Sentons-nous appelés à appliquer le baume de la tendresse dans les relations qui se sont gangrénées, entre les personnes comme entre les peuples" a exhorté le Pape François.
La fraternité, comme un "bien fragile et précieux, "nous unit est plus fort que la haine et que la violence, au contraire, [elle] nous unit tous dans la même souffrance".
S.D. avec VaticanNews
