"Chère petite Soeur Thérèse, priez pour moi, protégez-moi, sauvez-moi." C'est ce que répétaient de nombreux soldats pendant la première guerre mondiale. Ils ont écrit au pape Benoît XV pour demander que la Carmélite de Lisieux devienne rapidement sainte...
Le 29 avril 1923, soit à peine un quart de siècle après sa mort, Thérèse de Lisieux est proclamée bienheureuse. Dans ce court laps de temps, son œuvre Histoire d'une âme est diffusée, tout comme son image sous forme de médaillons.

"Vous avez bien voulu l'an dernier, Très Saint Père, autoriser la frappe d'une médaille à l'effigie de Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Ste Face, écrit un commandant français engagé dans la Grande guerre. La petite Carmélite de Lisieux est très en honneur parmi nous. Nous l'aimons, nous la vénérons, nous l'implorons. Combien, en effet, d'officiers et de soldats lui doivent depuis le début de la guerre actuelle, la grâce d'une bonne mort, d'une protection certaine sur le champ de bataille, du retour à la foi, d'une compréhension plus nette de la vie chrétienne ! C'est sous toutes les formes que notre petite sainte répand ses faveurs dans nos rangs." (Commandant Pierre Mestre, 1916)
Thérèse de Lisieux encourage à la confiance et à la conversion
Au Carmel de Lisieux, de nombreux courriers sont arrivés pour dire la reconnaissance vis-à-vis de Soeur Thérèse. Par exemple, ce Caporal Henri Bellois envoie en mai 1917, "la récompense [décoration militaire] que j'ai obtenue voilà quelques jours, que j'ai gagnée dans une petite attaque dont je faisais partie volontairement". Il explique: "Je m'en suis tiré sans aucune égratignure. J'en dois reconnaissance à ma Petite Thérèse...Cette Croix de Guerre lui appartient plutôt qu'à moi, au tableau des décorations qui est exposé en son honneur. Et je la remercie du fond du coeur : merci ma Petite Thérèse ! merci ! merci !"
D'autres lettres témoignent de la conversion que la future sainte a déjà opéré dans les cœurs. Ainsi le Caporal Maurice Nef témoigne en 1915: "j'ai invoqué souvent Sœur Thérèse pour certaines petites grâces que j'ai toujours reçues et un jour je me suis senti poussé par une force irrésistible de me confesser et de communier. C'est alors qu'une grande transformation s'opéra en moi. Je ne me reconnais plus, je vis dans une quiétude parfaite, malgré les obus et les balles qui tombent autour de moi. J'attribue cela à un miracle de Sœur Thérèse."
Pour lire de plus larges extraits de lettres, aller voir les archives du Carmel de Lisieux
Les vertus de Thérèse de Lisieux brillent jusqu'à Rome
Dans la bulle faisant de la Vénérable Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face une bienheureuse, le Pape Benoît XV reconnait que cette religieuse l'avait impressionné, autant que son prédécesseur. "Le Souverain Pontife Pie X [pape de 1903 à 1914], n'a pas craint d'affirmer que, dans ce récit de sa Vie, répandu aujourd'hui dans tout l'univers, les Vertus de la Vierge de Lisieux brillent d'un si vif éclat que c'est son Âme, en quelque sorte, que l'on y respire."

Les premières démarches faites par l'évêque de Bayeux ont commencé dès 1907. Mgr Lemonnier a fait un geste symbolique, en autorisant une prière pour demander la canonisation de la jeune carmélite. L'année suivante en 1908, une nouvelle prieure du Carmel de Lisieux, qui n'est pas de la famille de Thérèse, s'est adressé officiellement à l'évêque pour le lancement de la procédure.
A Rome, la congrégation des Rites, en janvier 1914, a autorisé la poursuite du procès sans attendre le délai habituel de dix ans. Un autre obstacle est levé spécialement pour Thérèse de l'Enfant Jésus: selon le droit canon, le dossier aurait dû être traité seulement 50 ans après sa mort, soit en…1947.
Au printemps 1923, les choses s'accélèrent. Le 19 mars, le décret di tuto donne le feu vert à la béatification . A Lisieux, les jours qui suivent, le corps de Thérèse – on peut maintenant parler de reliques – est transféré à la chapelle du carmel. Le 29 avril 1923, Thérèse est proclamée bienheureuse. Son culte devient public, avec une fête, le 1er octobre, un office… et des statues dans les églises !
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Dans une même démarche historique, regardez ce film sur l'exhumation en 1923

