Dans un "souci de la paix", Mgr Luc Ravel a démissionné ce 20 avril de son poste d'archevêque de Strasbourg. Cette décision fait suite à la visite, il y a quelques mois, des délégués du Saint-Siège dans cette Eglise sous statut concordataire.

A la grande surprise des catholiques eux-mêmes, Mgr Luc Ravel a annoncé ce jeudi sa démission de la fonction d'archevêque de Strasbourg qu'il exerçait depuis février 2017. "La paix étant le bien suprême, explique l'archevêque dans son communiqué, j’ai présenté ma démission au Saint Père, pour qui je prie tous les jours."
Pour quels motifs l'archevêque a-t-il pris cette décision ?
Quelques heures auparavant, le journal La Croix annonçait déjà: "contraint par le Vatican, Mgr Luc Ravel va démissionner". Selon le quotidien, l'archevêque semblait "de plus en plus isolé et injoignable" comme "enfermé dans une gouvernance autoritaire et solitaire", ce qui lui était reproché par les catholiques d'Alsace. La Croix relatait notamment cet épisode en avril 2022 où l'archevêque était absent de la messe chrismale, en faisant savoir qu'il avait un empêchement.
Le communiqué de Mgr Ravel fait davantage référence à son combat contre les abus sexuels dans l'Eglise. "Ce souci de la paix se conjugue dans mon cœur avec la préoccupation de la vérité et de la justice que j’ai toujours cherchées à l’égard des prêtres, des fidèles et en particulier des personnes victimes que je n’oublierai jamais." Peu de temps plus tard, la Conférence des évêques de France signale par communiqué avoir "appris la décision de Monseigneur Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, de remettre sa démission au Saint–Père."
Sur le plan canonique, deux motifs peuvent expliquer la démission d'un évêque (§401). Soit il atteint la limite d'âge de 75 ans, soit "pour une raison de santé ou pour toute autre cause grave" si l'évêque "ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office." Dans le cas de Mgr Ravel, la visite apostolique de l'archidiocèse de Strasbourg, confiée à Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, assisté de Mgr Joël Mercier, secrétaire émérite du Dicastère pour le Clergé, montrait l'inquiétude du Saint-Siège face à la gravité d'une situation concernant le gouvernement pastoral, jugé autoritaire et solitaire, de l'archevêque.
Revoir l'annonce de la visite apostolique dans le diocèse de Strasbourg
L'Eglise d'Alsace dans une grande tempête
Le vicaire général de Strasbourg a publié dans la foulée un communiqué dans lequel il rappelle: "La démission sera effective après la publication de son acceptation formelle par Rome et Paris. Jusque-là, Monseigneur Ravel reste archevêque de Strasbourg [...] Commence pour le Saint-Siège et en particulier pour la Nonciature apostolique à Paris un processus qui aboutira, à terme, à la nomination d’un administrateur apostolique." L'abbé Jean-Luc LIÉNARD, vicaire général de Strasbourg, résume ainsi la situation: "Nous sommes dans la barque d’une Église diocésaine qui connait une grande tempête"

La décision de Mgr Raval de démissionner a provoqué une série de réactions dans les réseaux sociaux. "Fin du cauchemar", pour certains; "Prions pour l'Eglise d'Alsace" écrivent d'autres; "Espérons un nouvel archevêque alsacien ancré dans son diocèse !" souhaitent encore d'autres internautes.
L'archidiocèse de Strasbourg présente en outre la particularité d'être régi par le concordat de 1801. Dans la région alsacienne, l'Etat rémunère les ministres du culte. C'est aussi le président de la République qui nomme par décret après accord du Saint-Siège les évêques de Metz et Strasbourg.
AF de Beaudrap (avec KTO - la Croix - Vatican News)

