Grand entretien – Jérôme Vignon : « Le Chemin synodal allemand ? Une véritable démarche de fond ! »


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Grand entretien – Jérôme Vignon : « Le Chemin synodal allemand ? Une véritable démarche de fond ! »
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
3 min

Dans quelques semaines s’ouvrira pour trois jours la dernière assemblée du Chemin synodal allemand. Le Français Jérôme Vignon se rendra à Francfort comme observateur. Lui qui est très impliqué dans différents groupes chrétiens dans l’Hexagone (notamment les Semaines sociales de France) analyse l’importance de ce processus unique dans l’Eglise.

© Claire Rocher / CEF

De passage pour quelques jours à Bruxelles, Jérôme Vignon donne rendez-vous à la Chapelle de la Résurrection. Cette église située au cœur des institutions européennes est bien connue de notre interlocuteur: ancien administrateur, il a participé à sa création, autour de l’an 2000. Mais aujourd’hui, il nous emmène (virtuellement) chez nos voisins allemands.

Comment définir le Chemin synodal allemand, par rapport au Synode sur la synodalité initié par le pape François?

Le Chemin allemand aurait été engagé même si le pape n’avait pas lancé le Synode sur la synodalité. Il y a une forme de coïncidence sur la période, mais ce n’est pas fortuit. En août 2018, le pape a lancé sa lettre invitant à lutter contre le cléricalisme ("Lettre au peuple de Dieu"). En faisant le lien entre abus de pouvoir et abus sexuels, le pape invite les catholiques à se lever. La même année, en Allemagne, est sorti le rapport MHG (en référence à Mannheim, Heidelberg et Giessen, les universités dont proviennent les chercheurs qui l’ont élaboré, NDLR) révélant le nombre d’abus sexuels dans l’Eglise allemande. Ce rapport a créé un émoi énorme. D’où l’initiative prise par les évêques, en lien avec les laïcs du ZDK, de créer ce Chemin synodal en 2019.

📌 Un Chemin synodal que Cathobel suit régulièrement:
L'Allemagne au coeur d'un "Chemin synodal" depuis trois ans

Nous venons d’apprendre que le pape a prolongé la durée du Synode sur la synodalité jusqu’en 2024. On peut penser que cette prolongation est due à la nécessité de prendre le temps de voir comment incorporer le travail fait dans les diocèses, y compris l’apport de l’Eglise allemande à travers le chemin synodal.

Comment évaluez-vous cet apport spécifique de l’Allemagne?

C’est un travail audacieux, par rapport à ce qu’ont fait les autres conférences nationales. Ce travail représente une véritable démarche de fond, qui n’est pas non plus la même que celle que le synode
sur l’Amazonie a révélé. On ne peut pas nier que le synode du pape François devra tenir compte de puissants mouvements de fond sur la question: qu’est-ce qui est attendu de l’Eglise par les catholiques?
Cette réflexion nécessite autre chose que des synthèses préparées par des dicastères au Vatican. Ce travail a besoin d’un temps de maturation, et d’un dialogue entre le Vatican, la collégialité de la conférence des évêques et la voix des laïcs.

Propos recueillis par Anne-Françoise de BEAUDRAP

Catégorie : Eglise monde

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