En ce 15 novembre, jour de la fête du Roi, un Te Deum était célébré à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, sous la présidence du cardinal Jozef De Kesel. Découvrez ce qu'il a dit dans son homélie.

Une des lectures de la messe du jour était un extrait de la Lettre de Saint Paul aux Romains. Le texte évoque la situation des toutes premières communautés chrétiennes, au début de notre ère. Paul souhaite rendre visite à la communauté chrétienne de Rome, c’est pour préparer sa visite qu’il écrit cette lettre.
Saint Paul invite les chrétiens à se témoigner du respect
Comme l'explique le cardinal De Kesel, l'apôtre veut justifier la façon dont il interprète les textes bibliques car il sait que tout le monde ne pense pas comme lui. Il n’est pas sûr de l’accueil qu’on lui réservera. Ainsi, sa lettre est longue et très développée. "Mais vers la fin, poursuit l'archevêque de Malines-Bruxelles, il prend un ton très humain. C’est comme s'il ne s’adresse plus seulement aux chrétiens mais à tout homme de bonne volonté. Il appelle au respect de l’autre. « Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle et rivalisez de respect les uns pour les autres »".
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Saint Paul nous parle encore aujourd'hui
Ces mots remontent à près de 2000 ans. Mais quand on les entend, la distance historique disparait. Ils n'ont rien perdu de leur force. Ni de leur actualité. Ils nous touchent, et sont pour nous source d'humanité, estime le cardinal. Ils sont tout aussi pertinents pour tout qui cherche vraiment le vivre-ensemble respectueux des uns et des autres.
Le cardinal cite alors quelques versets (9 à 18): "Que votre amour soit sans hypocrisie. Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle. Partagez avec les fidèles qui sont dans le besoin, pratiquez l’hospitalité avec empressement. Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d’accord les uns avec les autres ; n’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous fiez pas à votre propre jugement. Ne rendez à personne le mal pour le mal. Autant que possible, pour ce qui dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes."
Et de reprendre encore le verset 8 du chapitre 13 de la Lettre aux Romains : "N'ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel".
La démocratie n'est jamais acquise
"Quelle source d’espérance de constater que ces paroles rejoignent le projet même d’une société moderne : vivre ensemble et construire ensemble dans la diversité et dans le respect de l’autre" commente alors le cardinal. C’est le sens même d’une société démocratique, ajoute-t-il. Mais cela reste un grand défi. "Car rien n’est jamais acquis. C’est ce que nous vivons aujourd’hui avec toutes les tensions et divisions qui traversent nos sociétés en Europe. Et même la guerre avec toutes ses atrocités. Une guerre qui, après la pandémie dont nous sortons, nous rend à nouveau si vulnérables".

Notre objectif devrait toujours être le bien-être commun
Les défis sont grands. Mais notre responsabilité aussi, poursuit le cardinal. "Avec le réchauffement climatique, notre responsabilité pour l'avenir de notre planète, notre "maison commune". Cette responsabilité ne concerne pas uniquement les autorités politiques et les acteurs sociaux mais aussi chaque citoyen".
Le bien-être commun devrait toujours être notre objectif. Pour construire un vivre-ensemble qui n'exclut personne, pas même ceux qui, par leur difficultés, risquent de se retrouver en marge ou qui ont fui la misère en tant qu'étrangers. Pour construire une société du respect dans la diversité. Pour, comme Paul nous le demande, que chacun n'ait rien à devoir à l'autre si ce n'est l'amour mutuel.
S.D.
L'homélie du cardinal De Kesel pour le Te Deum du 15 novembre 2022: Homelie cardinal De Kesel Te Deum 15nov2022
