Opinion – Non, nous ne sommes pas des révoltés


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Opinion – Non, nous ne sommes pas des révoltés
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Il y a deux semaines, dans une "Opinion" intitulée "Des risques d’une synodalité mal comprise", le magistrat émérite Frédéric Close regrettait que la consultation synodale ait été "davantage le porte-voix des mécontents et des révoltés que celui du plus grand nombre". Albert Stassen, commissaire d’arrondissement honoraire et secrétaire paroissial de Hombourg, lui répond cette semaine.

Les chrétiens assistaient le 9 octobre 2022 à la restitution des conclusions du Synode à la basilique de Koekelberg . © Eglise catholique à Bruxelles

Cette opinion, toute respectable qu’elle puisse être, surtout émanant d’un magistrat émérite qui sait généralement "peser ses mots" dans tous ses écrits m’étonne. (…)

Accessoires ou pas?

Ainsi, je ne puis suivre M. Close quand il considère que les questions de morale ou touchant à la participation des laïcs, des jeunes et des femmes à la vie ecclésiale seraient des questions accessoires qui ne pourraient pas mener à une grave division des chrétiens, lesquels devraient, selon lui, "se recentrer non sur ces questions d’actualité mais plutôt sur les sacrements qui sont l’essentiel et sur la liturgie comme la catéchèse qui devraient y conduire".

S’il n’est pas ici question de minimiser l’importance des sacrements, de la liturgie et de la catéchèse, occulter les problèmes d’actualité que vit l’Eglise sur le plan de la morale, de la participation des laïcs, des jeunes et des femmes à la vie ecclésiale en les qualifiant d’accessoire serait une faute grave car ces questions ne sont absolument pas accessoires puisque la manière de les traiter contribue grandement à la crédibilité de l’Eglise institution qui a hérité au cours de l’Histoire, comme toute société humaine, de travers dont elle doit se débarrasser au plus vite, notamment en ce qui concerne le rôle des femmes dans l’Eglise.

Ceux qui évacuent ce problème majeur dans l’Eglise en le qualifiant d’accessoire veulent faire perdurer une injustice établie au fil des siècles à l’égard de la moitié de l’humanité et ne reposant pourtant sur aucun dogme divin mais sur une tradition "machiste" dont les Talibans en Afghanistan ou le régime iranien sont la caricature suprême.

"Aucune démarche de révolté"

Enfin, ce qui m’a forcé à réagir à l’opinion de M. Close, c’est sa troisième réflexion où il conclut que "Aussi étendue qu’elle voulut l’être, la consultation synodale du peuple chrétien a, semble-t-il, été davantage le porte-voix des mécontents et des révoltés que celui du plus grand nombre."

On avait déjà lu dans les colonnes de Dimanche la réaction des 200 jeunes conservateurs qui estimaient aussi qu’il ne faut rien changer dans le fonctionnement de l’Eglise. Cette affirmation inexacte selon laquelle les participations à la démarche synodale seraient surtout des mécontents et des révoltés est indigne, caricaturale et injuste. En effet, ceux qui ont participé à la démarche l’ont pour la plupart fait par souci de répondre sincèrement à une demande de la hiérarchie catholique qui souhaitait entendre la voix de ses ouailles pour l’aider à progresser vers une Eglise de demain. Il n’y avait chez une large majorité de ceux et celles qui ont répondu aucune démarche de révolté ou de mécontent mais seulement une volonté de contribuer à améliorer une Eglise qui en a grandement besoin si elle ne veut pas disparaître dans quelques décennies.

👉 Lettre ouverte de 200 jeunes chrétiens

Il est trop facile pour ceux qui constatent que les résultats de la démarche synodale font apparaître que leur opinion n’est pas partagée par une large majorité de chrétiens engagés (les non-engagés n’ont pas répondu et ne savent même pas qu’il y a eu une démarche synodale) en commençant alors à contester la représentativité de ceux qui ont participé loyalement à la démarche synodale.

Une démarche sincère

La triste réalité est que ceux qui se sont vu ainsi minorisés par les conclusions de la démarche synodale ont cru que la démarche n’aurait pas beaucoup de succès et que tout pourrait durer comme avant. La démarche voulue par la hiérarchie a au contraire reçu des réponses nombreuses, constructives mais aussi très claires sur les questions prétendument "accessoires".

Ceux qui se sont fait entendre sont soucieux du devenir de l’Eglise

Albert Stassen (Homburg)

S’il est évident que les "humbles paroissiens" n’ont en général pas participé à la démarche synodale (surtout en raison de leur âge avancé), ceux qui se sont fait entendre sont ceux qui sont soucieux du devenir de l’Eglise et non ceux "en recherche de reconnaissance, de pouvoir, de changement radical".
Considérer que la volonté de changement exprimée lors de la démarche synodale procéderait trop souvent de l’ignorance religieuse est assez pédant et suffisant. C’est au contraire une démarche sincère, constructive et consciente de la nécessité pour l’Eglise de s’adapter aux réalités actuelles plutôt que de se cloîtrer dans un immobilisme qui ne saurait que contribuer à sa disparition irrémédiable à brève échéance (vingt ans).

Il n’y a dans ma réaction aucune ambition personnelle ou mépris pour tout contradicteur mais un souci de ne pas voir s’écrouler en Occident une institution voulue par Dieu et qui éprouve d’énormes difficultés à assurer sa pérennité.

Catégorie : Opinions

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