
Ce dimanche, j’ai eu de la chance. Comme tous les dimanches en fait… Pour participer à l’eucharistie, je pouvais choisir mon clocher. Dans un rayon de 15 kilomètres, de Wavre à Mont-Saint-Guibert en passant par Ottignies et Louvain-la-Neuve, c’est une dizaine de célébrations vivantes qui m’étaient proposées. Sans difficulté, j’aurais aussi pu opter pour le jogging matinal et la messe vespérale. Ou privilégier la messe du samedi soir. L’embarras du choix!
C’est en prenant le temps du décentrement que je me rends compte du luxe dans lequel je vis. Cette semaine, par exemple, Dimanche nous emmène dans le Borinage. Une région où la précarité socio-économique se conjugue avec une pauvreté en matière d’offre spirituelle. Certes, l’Eglise n’est pas absente. Les clochers sont encore (relativement) nombreux. Mais les messes se font rares. Et les assemblées ne sont plus fort garnies. Christophe Cossement est curé à Colfontaine. "S’il n’y avait pas Dieu, je n’aurais pas le courage", reconnaît-il…
Décentrons-nous encore davantage. La semaine dernière, la réouverture du procès de l’évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, nous a invités à (re)découvrir la situation du catholicisme dans ces régions. Si l’homme est poursuivi, c’est parce qu’il a trop fortement défendu la démocratie – en ce compris la liberté de culte. Il s’oppose au principe d’"Eglise officielle", dans laquelle les évêques seraient nommés par le Parti communiste chinois. "Humainement parlant, la situation est désespérée pour l’Eglise en Chine", déclarait-il début 2020.
Que nous enseigne ce petit exercice de décentrement?
• Si nous avons la possibilité de participer chaque semaine à une célébration vivante, prenons conscience qu’il s’agit là d’une chance. Goûtons cette communion comme si c’est la première fois que nous la vivions. Et engageons-nous de manière telle à ce que cela puisse durer!
• Si nous n’avons pas la possibilité de goûter aux sacrements, voire même de rejoindre une communauté chrétienne vivante, accueillons cette réalité. Vivre sa foi, c’est d’abord vivre! N’oublions toutefois pas qu’un chrétien isolé est toujours un petit peu en danger. Et ce n’est pas moins vrai pour les prêtres et religieux que pour les autres.
Vincent DELCORPS

