Opinion – Les jeunes veulent encore s’engager !


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Opinion – Les jeunes veulent encore s’engager !
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

C’est ce mercredi 7 septembre que débute la traditionnelle session LEAD. A cette occasion, ses organisateurs nous font parvenir une carte blanche qui nous invite à réfléchir au sens de l’engagement aujourd’hui. Leur texte est aussi une invitation à l’optimisme.

© session LEAD

Génération sacrifiée", "Jeunesse oubliée", "Génération invisible". Que d’expressions utilisées pour désigner les jeunes d’aujourd’hui! Devenus "accrocs" à leur smartphone, leurs relations seraient devenues exclusivement virtuelles. Depuis leur canapé – "leur meilleur ami" – ils commandent des plats préparés, télétravaillent. Les amalgames sont facilement faits: les jeunes de nos jours sont des fainéants, qui "vivotent". Mais rien de neuf au fond: chaque génération constate avec désarroi que la génération suivante est désengagée et indifférente.

Changer le monde

Quelle ironie, car les jeunes n’ont jamais eu autant envie de s’engager et de vouloir faire changer le monde. Leur voix s’élève par exemple pour sauver la planète et son climat. L’Union Européenne a même fait de 2022 "l’année de la jeunesse" en lui donnant les moyens de prendre part aux sujets qui l’intéresse et en l’intégrant dans les décisions politiques. L’hyper-connectivité des jeunes, tant critiquée, devient la force de cette génération: les réseaux sociaux leur permettent de prendre part aux débats, de s’engager. En outre, ils font clairement part de leur désir de construire un avenir qui a du sens. Et être prêts à changer de travail pour cela.

Remède potentiel? Construire le Bien Commun

Apparaît alors une difficulté: comment trouver du sens dans une société qui ne répond pas à ses valeurs? Comment contribuer à bâtir un monde plus juste et plus durable? Comment "faire société" tous ensemble pour construire le Bien Commun?
“Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finira par penser comme on a vécu!”, écrivait Paul Bourget en 1914. C’est-à-dire penser ce que l’on dit et agir selon ce que l’on pense. La fougue et l’idéalisme de la jeunesse peuvent être mis au service de la création du Bien Commun. Ils nous permettent de trouver ensemble des solutions afin d’améliorer le monde et la société dans laquelle nous vivons.
Alors, pour répondre à toutes ces questions existentielles, la jeunesse d’aujourd’hui ose donner son avis pour créer un espace de dialogue, d’écoute et de débat permettant de construire ensemble une réflexion plus globale sur les enjeux actuels du monde.

Eloge de la lenteur

Paradoxalement, l’impatience de vouloir agir et de changer le monde de manière immédiate se confronte cependant à un autre désir: celui de… ralentir. Car la course effrénée du monde a non seulement des conséquences environnementales, mais désormais un impact sur notre propre santé. Le nombre de burnouts a ainsi augmenté de 66% entre 2018 et 2021 selon les Mutualités Libres. Osons prendre le contrepied de l’immédiateté!
Aujourd’hui, il y a une volonté de prendre le temps d’écouter ce qui nous entoure pour créer une harmonie plus grande. L’idée du “slow” émerge de toutes parts: slow food, slow travel, slow working, slow school, slow parenting. Le mouvement de la lenteur se décline dans beaucoup d’aspects de la vie, afin de préserver l’environnement, l’humain et les relations. Il veut valoriser ce bien commun. Les jeunes mettent la priorité sur leur famille, leurs amis, la volonté de la reconnexion avec la terre et le manuel. La redécouverte de la spiritualité également y prend sa place. Le yoga et la méditation semblent en pleine expansion.
Pour parvenir malgré tout à reconstruire une société dans un monde divisé, dialogue, écoute, ouverture à l’autre ainsi qu’à soi-même supposent de ralentir, et demandent de la patience; cette patience qui est si difficile quand notre idéal et la réalité entrent en collision.

La poursuite du dialogue

La poursuite du dialogue, et tout particulièrement de l’écoute, est une priorité que les jeunes veulent mettre en place. Nous voulons être écoutés; c’est, entre autres, l’une des grandes leçons que nous pouvons tirer de la crise sanitaire vécue.
Se conforter dans son ego et dans ses certitudes peut être très rassurant dans une période de crise. C’est même confortable. Cependant, cela ne permet pas d’avancer, d’engager un changement, de réaliser nos idéaux, ni de rencontrer quelqu’un d’autre que notre "bulle" individuelle et solitaire.
Un mouvement inverse se manifeste avec une génération qui veut montrer du courage, sortir de sa zone de confort et rencontrer l’autre dans le dialogue et dans l’écoute. Un mouvement qui s’appuie sur la conviction que la lenteur a quelque chose à apporter, qui veut prendre du recul et questionner, qui croit que le vivre ensemble, que la société, ne sont pas vains. Cette génération veut mettre à l’œuvre sa force idéaliste pour améliorer la réalité avec patience, sachant que chaque maison est construite pierre après pierre et brique après brique. C’est une génération pleine de volonté et d’engagement, une génération portée par l’espérance. Accueillons-la!

(titre et intertitres de la rédaction)

“Se former pour servir”: tel est le slogan de la Session LEAD. Chaque année, cette université d’été chrétienne propose à des jeunes âgés de 20 à 30 ans un temps de formation, de rencontres et de célébrations. Objectif: participer à la formation des leaders de demain.

Catégorie : En dialogue

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