Sur son blog personnel, l'abbé Éric de Beukelaer rend hommage au chanteur Arno décédé ce 23 avril à l'âge de 72 ans. Chronique tout en émotions signée du vicaire général du diocèse de Liège.

(c) CC BY-SA 4.0 Dirk Annemans
Je me souviens, il y a presque vingt ans, alors que j’étais porte-parole des évêques de Belgique, d’une discussion avec le cardinal Danneels concernant la scène musicale belge. "Arno est sans doute notre chanteur vivant le plus doué", lui disais-je. Le prélat me contempla étonné – Arno étant une référence inhabituelle dans le clergé. Il ajouta avec un petit sourire amusé : "il a une voix particulière, mais je reconnais qu’il est doué".
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Confessons-le d’emblée: Arno était davantage pilier de comptoir que pilier d’église. Cet Ostendais de Bruxelles était un personnage breugelien, qui cachait sa timidité sous une épaisse couche de provocation et d’humour décalé, le tout imbibé de bière locale. Il suffisait cependant de gratter un peu, pour découvrir derrière le showman, l’artiste au grand cœur et à la bienveillance tout-terrain.
Et puis surtout, le sieur Hintjes possédait une bonne dose de génie. Jane Birkin, qui lui était si proche, ne s’y trompa pas : quelque chose de l’esprit de Serge Gainsbourg coulait dans ses veines. Il suffit d’écouter leur reprise à deux voix d’ "Elisa" pour s’en convaincre:
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Terrassé par un vilain cancer, Arno a connu son grand passage. Je ne connais pas ses convictions religieuses, mais récemment, après avoir chanté « Les Yeux de ma mère », il confia au public qu’il allait bientôt aller la rejoindre "là-haut".
Désormais, il découvre qu’il y a aussi une Lumière dans les yeux de notre Père.
A-Dieu Arno. Et merci.
Aperçu de sa voix rocailleuse
