Face à l’invasion des troupes russes en Ukraine, le sentiment partagé par le plus grand nombre est l’impuissance. Jean-Pol Benoit, professeur de religion catholique retraité, invite pourtant chacun à réfléchir de son côté à des solutions à ce conflit. Une démarche qui peut paraître surprenante, mais qui peut aider à passer de l’angoisse à l’espérance.

Les conséquences de l’invasion de l’Ukraine décidée par le régime autocratique de Vladimir Poutine en violation du droit international sont terribles:
- Plusieurs millions de réfugiés, principalement des femmes et des enfants
- de nombreux morts et blessés tant civils que militaires
- des milliards de dégâts matériels
- des sanctions économiques qui impacteront durement les familles les plus pauvres que ce soit
en Europe ou en Russie.
Je m’intéresse depuis longtemps à la gestion des conflits: il y a quelques années, j’ai découvert la CNV (Communication Non Violente ) et j’ai obtenu le certificat en gestion positive des conflits à l’Université de Paix de Namur.
Face à un conflit, que je sois partie prenante ou non, que je sois un spécialiste de ce qui est en jeu ou pas, j’aime: - m’informer à plusieurs sources pour essayer de comprendre
- "rêver" ce que pourrait être une solution positive acceptable par tous
- partager ce "rêve".
Certains me trouveront sans doute prétentieux et naïf.
Je pense que, psychologiquement, cette démarche me fait du bien et fait peut-être aussi du bien à celles et ceux qui me lisent. Je pense que cela aide à passer de l’angoisse à l’espérance, ce qu’ont été capables de faire les apôtres après la mort de Jésus.
Pour que le dernier mot ne soit pas à la mort
Si, aujourd’hui, on me demandait, alors que la fête de Pâques approche ce que cela signifie pour moi, chrétien, croire en la résurrection, voici ce que je répondrais:
"Croire en la RÉSURRECTION, c’est FAIRE ce que je peux, en toutes circonstances, même les plus dramatiques, pour que le dernier mot ne soit pas à la mort, à la destruction, au chaos, à l’anéantissement, mais qu’il soit à la VIE, belle et bonne, fruit de l’AMOUR-AGAPÈ.
AIMER, c’est vouloir que l’autre vive, quel qu’il soit, et quoi qu’il (nous) ait fait.
Les chrétiens (à la suite des apôtres) reconnaissent Jésus comme celui qui a AIMÉ parfaitement jusqu’au bout quel qu’en soit le prix (pour lui la mise à mort par les autorités politiques et religieuses de son pays). Parce qu’il a AIMÉ parfaitement, les chrétiens disent de Jésus qu’il est FILS DE DIEU et qu’il nous invite à le devenir à sa suite. Les chrétiens, dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, font mémoire de Lui, le rendent présent et vivant à travers l’Eucharistie, le manifestent à travers des ACTES et des PAROLES qui peuvent FAIRE DES MIRACLES, c’est-à-dire restaurer, embellir, dilater la vie dans toutes ses dimensions (physique, psychologique, sociale et spirituelle)."
Mes propositions pour retrouver la paix
Comme chrétien et citoyen du monde, voici donc mes propositions pour retrouver le chemin de la paix:
Le secrétaire général de l’ONU invite au siège de l’institution qu’il dirige quatre personnes (accompagnées d’une délégation de leur choix): le président russe, le président ukrainien, la présidence européenne et le secrétaire général de l’OTAN.
Il met sur la table un document avec des propositions de compromis à discuter en vue de rédiger un accord de paix.
1) Cessez-le-feu immédiat par les deux parties contrôlé par des casques bleus de l’ONU.
2) L’Ukraine reste un état souverain qui peut maintenir son adhésion à l’UE mais qui s’engage à ne pas demander son adhésion à l’OTAN (statut de neutralité sur le plan militaire).
3) L’Ukraine peut avoir une armée mais ne peut pas accueillir d’armes nucléaires sur son territoire.
4) La Crimée et le Donbass deviennent des territoires russes à part entière. L’armée russe se retire de tout le reste du territoire dès la signature de l’accord de paix.
5) La levée progressive des sanctions économiques contre la Russie est liée au paiement progressif des dommages de guerre causés à l’Ukraine par l’armée russe.
Ces dégâts sont évalués par un organisme indépendant accepté par les deux parties.
Mes propositions sont-elles éthiques, justes, réalisables, conformes au droit international? Font-elles la part trop belle à la Russie? Sont-elles en phase avec les valeurs de l’Evangile? Chacun aura son avis là-dessus, j’ai juste voulu lancer un petit caillou dans l’eau…
A court terme, quoi qu’il arrive, soyons attentifs à tous nos frères humains victimes de cette guerre en évitant la compassion sélective. L’Amour (agapè) se doit d’être universel. Le Royaume de Dieu n’est pas un territoire géographique avec des frontières, mais un espace relationnel ouvert.

