Edito – Des paroles et des actes


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Edito – Des paroles et des actes
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min

François s’exprime-t-il trop? Parmi les théologiens et autres observateurs de l’actualité vaticane, c’est une question qui revient souvent. Et depuis longtemps: cent jours après son élection, certains faisaient déjà remarquer que le pape François s’était exprimé davantage que Benoît XVI en une année! Et cela sous des formes multiples: homélies bien sûr, mais aussi lettres, coups de téléphone, échanges privés rendus publics, digressions diverses…

D’où la question: François s’exprime-t-il trop? Nous n’avons pas la prétention, ici, d’apporter une réponse. Mais nous aimerions nous arrêter un instant sur la question. Au fond, dans nos vies, quand reprochons-nous à quelqu’un d’être trop bavard? Le plus souvent, dans l’un des trois cas de figure suivants:

1- Quand une personne, centrée sur elle, se montre incapable d’écouter. Force est de constater que tel n’est pas le cas de notre pape. Tous le disent: si François est capable de trancher, il est aussi un homme à l’écoute. N’est-ce pas d’ailleurs lui qui a ouvert un synode dont le but est précisément d’offrir la parole à chacun?

2- Quand une personne tient des propos peu intéressants. Là aussi, peu de risques: François suscite un intérêt exceptionnel. Beaucoup considèrent même que l’une de ses principales forces réside dans sa capacité à faire entendre sa voix bien au-delà des cercles catholiques.

3- Quand une personne se contente de parler, oubliant d’agir. On les connaît, ces individus qui aiment claironner mais qui, à l’heure de passer aux actes, brillent par leur absence. A nouveau, force est de constater que François n’est pas de ceux-là. C’est manifeste depuis longtemps; c’est définitif depuis la promulgation de la constitution apostolique Praedicate Evangelium (voir p. 14-15). Avec ce texte, pour lequel il a dû se battre, il s’attaque à l’un des nœuds ecclésiaux les plus fondamentaux: l’Eglise n’a pas seulement à annoncer le Royaume, encore lui faut-il fonctionner. Or, par le passé, ce fonctionnement s’est souvent révélé défaillant. En mettant l’évangélisation au cœur de sa réforme, François n’appelle pas seulement l’Eglise à annoncer le Royaume, il l’appelle à en vivre. Et en inscrivant cette réforme dans un texte juridique, il s’assure de laisser une trace durable. François entrera dans l’histoire non seulement pour les paroles qu’il aura prononcées. Mais aussi pour les actes qu’il aura posés.

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

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