Colette Nys-Mazure n’est pas seulement une grande plume de la poésie de notre pays. Elle est aussi une femme engagée, une femme de foi et de valeurs. Cette semaine, pour Dimanche, elle dévoile quelques pages de son histoire, évoque l’itinéraire spirituel de sa famille, et partage quelques clés pour affronter les défis de notre temps.

(c) Françoise Lison-Leroy
La voix reste calme et paisible, mais l’écrivaine belge laisse poindre une colère contre le pays où elle vit. "Je suis fière d’être Belge", nous confie-t-elle, avant d’ajouter: "jusqu’à cette décision de fermer les lieux culturels." C’est le point de départ d’ un entretien à bâtons rompus où les souvenirs de son enfance éclairent le regard sur aujourd’hui.
"Cette décision arbitraire du Codeco [du 22 décembre 2021] m’a mise dans une grande colère. Je ne pouvais pas aller à la manifestation à Bruxelles, une de mes petites-filles y est allée à ma place et une de mes filles a participé à la manifestation de Tournai. Puis j’ai eu l’idée d’un collectif d’auteurs où chacun écrirait à quel moment l’art lui a sauvé la vie. C’est une proposition que j’ai faite à Ker éditions, j’attends leur réponse. Entretemps, je suis tellement contente que le conseil d’Etat ait ramené les pendules à l’heure, c’était trop injuste. Quel marchandage politique!"
Comment vivez-vous la crise sanitaire, vous qui participez souvent à des conférences?
Dans un premier temps, je l’ai vécue comme une respiration, de ne pas devoir toujours courir derrière un train. Au cœur de cet espace-temps qui s’est ouvert devant moi, j’ai voulu commencer à mettre de l’ordre dans mes bibliothèques. En rangeant toutes les pièces où il y a des livres, j’ai pu dégager cinq caisses de livres à donner. Entre les confinements, j’ai pu reprendre certaines activités dans un contexte différent, soit par écrans interposés, soit avec un public clairsemé. Sans parler des reports multiples de certains colloques. Je dois alors remettre à jour ce que j’ai préparé il y a plusieurs mois.
Bien sûr je relativise ces difficultés. Ce n’est qu’une goutte d’eau. Je vis dans un grand espace, avec un mari que j’aime. Je peux marcher beaucoup; ce qui est mon plaisir.
Recueilli par Anne-Françoise de BEAUDRAP

