Evoquer le Covid-19, sans le nommer. Parler du confinement, sans le mentionner… Voilà quelques-unes des prouesses du livre "Ensemble" qui sacre l'unité retrouvée durant ces mois troublés.
Luke Adam Hawker a un joli coup de plume. Ses compositions à l'encre de Chine sont travaillées avec précision. De grands traits de dessin crayonnés rendent l'environnement ambiant à la mesure de ses observations. Installé dans les environs de Londres, l'artiste témoigne d'une perception universelle, dans la mesure où elle n'est pas connotée géographiquement. Maisons, bâtiments industriels, galerie de fenêtres… Cet ancien architecte a l'œil pour ces compositions géométriques de l'ordinaire. Au-delà des lieux, il pose un regard bienveillant surs ses contemporains. "L'éloignement nous réunissait, la séparation nous rapprochait." Comme il veut le croire, une nouvelle ère va succéder à ces temps bousculés. Davantage de solidarité et d'attention ont surgi des ténèbres.
Un album à proposer aux enfants dès l'âge de sept ans, mais aussi aux adultes qui ont conservé leur âme d'enfant. A ce propos, comment ne pas mentionner le remerciement adressé par Hawker à celle qui l'a encouragé, contre vents et marées? "Je remercie tout particulièrement ma mère de m'avoir initié à l'art dès mon plus jeune âge et de s'être extasiée sans limites, pendant des années, devant ces dessins que je sais maintenant être très discutables." Délicieux, isn't it ?
Angélique Tasiaux
Luke Adam Hawker, "Ensemble". Les Arènes, 2021, 64 p.


