Nommé archevêque de Paris en 2017, Mgr Michel Aupetit était mis en cause pour sa gouvernance et pour des problèmes relevant de sa vie privée.
Le pape François a accepté la renonciation au gouvernement pastoral de l'archidiocèse de Paris, présentée par Mgr Michel Aupetit. Il a nommé Mgr Georges Pontier comme administrateur apostolique sede vacante et ad nutum Sanctæ de ce diocèse. L'archevêque émérite de Marseille, qui fut président de la Conférence des évêques de France de 2013 à 2019, était déjà sorti de sa retraite pour assurer l'intérim dans la conduite du diocèse d'Avignon entre la démission de Mgr Cattenoz et l'entrée en fonction de Mgr Fonlupt.
Des difficultés de gouvernance
Cette annonce intervient après plusieurs jours de crise. Tout avait commencé par la publication mardi 23 novembre d’un long article sur la gestion du diocèse de Paris par Mgr Aupetit et sur certains aspects de sa vie privée dans le passé dans l’hebdomadaire français Le Point. L’archevêque de la capitale française y est mis en cause pour son «autoritarisme» et sa «brutalité» dans ses relations humaines. Une ancienne histoire personnelle y est également évoquée, celle d’un courrier électronique laissant entendre que Mgr Aupetit, alors vicaire général du diocèse de Paris, aurait eu une relation avec une femme. L’article crée un malaise au sein de l’Eglise parisienne et pousse Mgr Aupetit à remettre sa charge entre les mains du Saint-Père.
Face au malaise suscité par cette affaire et dans un souci d’apporter sa version des faits, Mgr Aupetit avait fait une déclaration vendredi soir sur les ondes de Radio Notre-Dame, la radio diocésaine de la capitale. Il déclarait être «profondément désolé du trouble grave des fidèles» à cause de cet article du Point «si virulent» à son égard. «J’avoue que moi-même j’ai eu un choc en le lisant et je me suis demandé s’il y avait réellement autant de personnes qui souhaitaient mon départ», avait-il confié, en remerciant tous ceux qui l’ont soutenu ces derniers jours.
Il avait répondu ensuite aux mises en cause de la presse. Sur les questions de gouvernance, il avait reconnu à l'antenne de Radio Notre-Dame que «des frustrations» et des «amertumes» peuvent naître de décisions qui ne sont jamais prises seul, assure-t-il. «Lorsqu’une décision est prise en commun, il convient que je l’assume et que j’en revête la responsabilité; ce qui bien sûr, concentre sur moi les possibles rancœurs».
Sur sa vie privée, ensuite, en l’occurrence «une relation intime» qu’il aurait entretenue quand il était prêtre il y a dix ans, il expose sa version des faits. Le Point parle au conditionnel d’un message envoyé par erreur par Mgr Aupetit en 2012 à sa secrétaire mais destiné à une femme et dont la teneur ne laisse aucune équivoque sur la nature de leur relation. Comme déjà précisé à l’hebdomadaire, Mgr Aupetit explique qu’il était en fait le destinataire du courriel, envoyé à une adresse partagée avec sa secrétaire.
Ce message avait ressurgi en 2020 et les proches collaborateurs de l’archevêque en avaient alors pris connaissance, selon l’article du Point qui avait établi un lien entre ce fait et le départ des deux vicaires généraux du diocèse en décembre 2020 et mars 2021.
«Ceux qui me connaissaient alors et qui partageaient mon quotidien pourraient certainement témoigner que je n’entretenais pas une double vie comme le suggère l’article» avait-il affirmé à Radio Notre-Dame. «Je reconnais, comme je l’ai déjà dit, avoir mal géré la situation avec une personne qui se manifestait à de nombreuses reprises près de moi. Cette erreur je l’ai confiée à mon accompagnateur spirituel et l’autorité ecclésiastique a été mise au courant», affirmait-il dans cette déclaration, concluant remettre sa vie «dans les mains du Seigneur». «Puisse-t-Il me permettre de le servir chaque jour dans mes frères».
Ordonné prêtre en 1995 après avoir exercé comme médecin généraliste de 1979 à 1990, Michel Aupetit avait été nommé évêque auxiliaire de Paris par Benoît XVI en 2013. Un an plus tard, il était devenu l'évêque du diocèse de Nanterre, avant d'être nommé archevêque de la capitale français le 7 décembre 2017, succédant au cardinal André Vingt-Trois.

