Le frère Ignace Berten, dominicain et théologien, vient de publier ses mémoires théologiques sous le titre: "Quand la vie déplace la pensée croyante"*. Revisitant un parcours de plus de cinquante ans, il montre comment les expériences vécues, l’ont amené à repenser sa foi et à réaffirmer ce qui est, pour lui, l’essentiel du christianisme.

Entré chez les Dominicains à l’âge de 18 ans, Ignace Berten a depuis lors été engagé dans de nombreuses missions apostoliques et théologiques: enseignement à l’Institut Lumen vitae, plusieurs séjours en Amérique latine, accompagnement de différents groupes et communautés… Sans oublier la publication de divers
ouvrages consacrés à des questions de foi ou d’éthique. Cet itinéraire impressionnant l’a amené à repenser les fondamentaux de la foi chrétienne. En se situant toujours clairement au sein de l’Eglise, malgré les obstacles rencontrés.
Vous avez vécu de près les travaux du concile Vatican II (1962-65) et les événements de mai ’68. Le concile a-t-il influencé cette "révolution"? Et mai ’68 a-t-il infléchi l’application du concile en un certain sens?
Je ne pense pas que le concile ait influencé mai ‘68, qui est venu un peu après. Par contre, je suis sûr que mai ’68, qui a représenté un choc social et culturel très profond, a marqué la façon dont les catholiques ont vécu la suite du concile. Mai ‘68 a été un mouvement de libération de la parole, ce qui a été très positif. Et en même temps, il y a eu une série d’exagérations, d’utopies pas toujours très raisonnables, et je pense que cet esprit a, entre autres, marqué assez profondément la génération qui est la mienne dans l’ordre dominicain.
Propos recueillis par Christophe HERINCKX
