Opinion – Les médias, l’Eglise et Dieu


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Opinion – Les médias, l’Eglise et Dieu
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
4 min

L'Eglise est en fâcheuse posture – à tout le moins si l'on en croit la grande presse. Car si on prend le temps de se rendre à l'église, la grâce du cœur à cœur continue à y opérer. Une opinion de Michel Wery, paroissien.

CC BY 2.0 Jon S

Au début de l’été, les nouvelles étaient raisonnablement bonnes sur le front de la pandémie. Quand les hommes se mettent ensemble, ils sont capables du meilleur – on ne le dit pas assez.

Du côté de l’Eglise en revanche, la période semblait une fois de plus contrariée… du moins selon ce qu’en relataient les médias. Illustrations: de l’autre côté de l’Atlantique, l’Eglise à tendance traditionnaliste reproche au Pape de n'être pas assez conservateur. Le Canada, horrifié, découvre d’anciens charniers produits par des institutions religieuses censées incarner la vertu... De ce côté-ci de l’océan, les croyants, allemands principalement, refusent de payer plus avant la dîme si l’Eglise taxée de conservatisme ne se réforme pas en profondeur. Les médias semblent prendre un malin plaisir à montrer l’Eglise du doigt. Titres tonitruants: "Les maladies du 'croire' d’une société blasée". Plus grave: "L’Eglise catholique au bord du schisme". Ou encore: "Les fidèles peuvent-ils être en désaccord avec le Pape?"

Moult experts, journalistes avisés, sociologues pointus, spécialistes des religions, scientifiques de tous bords… tous y vont de leurs analyses, certes souvent passionnantes, sociologiquement clairvoyantes, intellectuellement fondées, systémiques, brillantes. Ils parlent, ils parlent… Tous parlent de religion, tous parlent de l’Eglise. Mais force est de constater que pas un ne nomme le principal intéressé: Dieu! Aveu d’inconnaissance? Pudeur exacerbée? Serait-ce s’abaisser que de Le citer, avec ou sans majuscule? Serait-il inapproprié de relater sa présence perçue par la majorité silencieuse des croyants?

Le retour à l'église

Dans ma propre vie, cela faisait plus d’un an que je n’étais pas retourné à l’église, assigné pendant ces mois de Covid, à suivre la messe de ma paroisse par voie digitale, le bien nommé programme "Zoom". Il y a quelques semaines, je poussai la porte d’une des églises que j’ai l’habitude de fréquenter. Il me fallut de longs instants pour me remettre dans l’ambiance, retrouver mes marques. Ah oui les textes chantés sur écran géant… L’épître… L’Evangile… Les intentions… Le Credo… Le Sanctus… Le Notre Père… Et ce morceau de pain partagé.
L’assemblée était absorbée. On entendait une mouche voler… Je finis moi aussi par retrouver mes réflexes de pratiquant. A entrer en intériorité. A me réaligner. A avoir faim et soif…

Alors, je repensai à ma lecture des médias, à ces brillants experts prompts aux commentaires en tous genres qui jamais ne le citent Lui. Comme si oser parler de Lui eut été saugrenu, dépassé, voire politiquement incorrect.

Ma messe me ranima, me remit en appétit, me vivifia. Ici dans cette église, point de commentaires brillants, ni de signature connue. Mais une communauté réunie autour de son prêtre de paroisse, une paroisse toute simple, des paroissiens tout simples et un curé tout simple. Un verbe simple.

Et c’est là que, comme chaque semaine, le miracle opéra… Les mots se succédaient, je picorais ici et là ce qui me parlait, ce qui me touchait, ce qui touchait à ma corde sensible, ce qui me nourrissait l’âme.

J’avais relevé ci-et-là certains mots, certains leitmotivs de ma foi. Certaines paroles avaient fait mouche en moi. Puis j’avais communié. J’étais heureux. Simplement heureux. Je me sentais si vivant, vivant oui, relié à Lui, relié à mon moi essentiel, relié à sa Personne.

Ma lecture des médias de cette semaine, quoique riche intellectuellement, m’avait laissé sur ma faim. Comme un grand vide… "Un seul Etre vous manque et tout est dépeuplé"… A quand ces médias, si prompts à monter aux barricades quand il s’agit de défendre les grands principes de la liberté des citoyens, oseront-il accorder cette même liberté d’expression aux croyants qui parlent de Lui comme d’une réalité perçue et permise? Ces croyants pour qui parler de la foi n’est pas un tabou? Ces croyants qui adhèrent au message du Christ qui a bouleversé le cours des siècles depuis deux mille ans et qui, bizarrement, est dénigré par l’esprit de ce siècle?

Peut-être ces mêmes médias y inclineraient-ils s’ils avaient face à eux un clergé au Credo plus affirmé et mieux explicité!

Catégorie : En dialogue

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