Opinion – Jour perdu ou jour gagné ?


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Opinion – Jour perdu ou jour gagné ?
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

Il y a longtemps de cela, j'étais chargée avec quelques collègues d'élaborer le calendrier prévisionnel pour l'année suivante. Cela amenait à se projeter notamment en cette période de mai et juin, pour envisager la succession de jours fériés et de fêtes locales qui compliquaient l'organisation des semaines. Les lundis de Pâques et de Pentecôte étaient envisagés comme des contraintes, puisque le lundi représente pour la rédaction du journal le jour où les fichiers mis en page sont envoyés à l'imprimerie.

Jour férié, jour perdu pour l'économie… Sans doute, certains pensent-ils ainsi dans une logique de rentabilité et de production maximum. Si l'économie occupe le centre de nos préoccupations, une journée de semaine perdue doit être "récupérée" par du travail plus efficace ailleurs. Pour nous catholiques, ce jour férié pourrait être l'occasion de laisser une plus grande place à la fête célébrée, que ce soit Pâques ou la Pentecôte. Chacune de ces fêtes chrétiennes tient un rôle à part dans le calendrier de l'Église, pour marquer la résurrection du Christ ou pour accueillir l'Esprit saint. Deux évènements extraordinaires qui méritent une disposition du calendrier extraordinaire. Un simple dimanche ne suffirait pas.

Depuis que la fête de Pentecôte a été instituée au 4ème siècle, cette date a sans doute donné la possibilité à de nombreuses familles de se rassembler pour célébrer ensemble ce don de Dieu par l'Esprit saint. Pensons aux familles dispersées dans plusieurs régions. Il est heureux que quelques longs week-ends leur permettent de se retrouver autour d'une messe peut-être, ou d'un repas.

Une semaine après la Pentecôte, les Montois fêtent la Ducasse marquée par quelques temps forts: remontée de la Chasse, combat de St Georges contre le dragon, etc. De même que dans la région de Malmedy ou de Binche, la période de Mardi gras est "sacrée" (si l'on ose l'expression), de même le lundi du Doudou ainsi que les jours avoisinants sont consacrés pour les habitants de la région à cette fête traditionnelle. Avec l'élargissement des bassins économiques, il n'est pas rare que dans une même équipe de travail, les uns prennent congés pour un Carnaval et les autres pour le Doudou montois, sans compter les marches de l'Entre Sambre et Meuse. Même si le contexte est de plus en plus globalisé, il convient de respecter ces dates de fêtes qui préservent l'esprit de communion entre habitants d'une même région, ou entre les générations successives.

Anne-Françoise de Beaudrap

Catégorie : En dialogue

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