Récit de vie: Un siècle vous contemple !


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Récit de vie: Un siècle vous contemple !
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Les bonnes relations entre prêtres et laïcs dépassent l'organisation des activités paroissiales. La preuve: l'abbé Michel Diricq aujourd'hui retraité écrivait cette belle lettre à une de ces paroissiennes pour son anniversaire.

Ghislaine n’en revient pas ! C’est incroyable, qu’elle dit ! Jamais je n’aurais pensé ça !

- Mais Ghislaine, en quelle année es-tu née ? Ceci, entre nous, bien sûr…

- Le 29 mars 1921.

- Eh bien ! Tu vois, compte comme tu veux : ça fait 100 ans tout juste !

Ghislaine rit d’étonnement, pas encore tout à fait convaincue d’en être arrivée là…Incrédule, elle qui est si croyante !

 

Dans sa vie de centenaire - n’ayons pas peur des mots - elle en a connu des joies, des peines, des émotions…

Qu’est-ce qui l’a rendue si jeune, si rayonnante, si incrédule quant à son âge ? Une potion magique ?!

Oui, c’est à peu près ça, si l’on peut appeler ainsi la foi en Jésus-Christ et en son Esprit qui donnait, rappelez-vous, l’impression aux gens qui écoutaient les apôtres que ceux-ci avaient dû boire un coup de trop !

C’est ça ! Ghislaine est branchée sur une bonne nappe phréatique qui fait sourdre en elle et en continu : le saint Esprit.

La grande joie de sa vie

Résumons un siècle de vie en trois moments forts :

D’abord, son mariage avec Marcel, son cher époux, tailleur de son métier, et, la naissance de ses deux enfants : Simon, décédé, et, Véronique sur la photo.

La famille, Ghislaine y a mis sa note bien personnelle en réalisant ce que le Pape François recommande : Aimer, c’est être capable de dire des mots d'encouragement, des mots qui réconfortent, fortifient, consolent, stimulent, c’est se donner aux autres, aider ses enfants quoi qu’il leur arrive, oublier le négatif, rechercher inlassablement la paix…

Ensuite, c’est dans l’Église que Ghislaine a puisé l’énergie de sa foi, en fréquentant les sacrements, les rassemblements de prière où elle recevra en cadeau des amies merveilleuses dont le souvenir reste gravé en elle pour l’éternité.

Et, un jour, mémorable entre tous, le curé vient lui demander d’être catéchiste ! Catéchiste pour accompagner sa petite fille à la réception des sacrements de l’initiation chrétienne.

Quand elle en parle, Ghislaine est prise de lévitation ! Son visage prend les couleurs de l’arc-en-ciel ! Ce fut la grande joie de sa vie !

Il faut dire qu’à l’époque (1990), les parents ne se pressaient pas au portillon et pour transmettre la foi, il fallait souvent sauter une génération…

Bien différent aujourd’hui ! Les parents ont repris à cœur leur mission d’éducateurs à la foi et reçoivent en retour, grâce à leur enfant, de communier à la joie de l’Evangile redécouvert comme un vrai chemin de bonheur.

Enfin, Ghislaine a connu une autre joie, sur le tard dirons-nous : celle d’avoir le bonheur de recevoir l’Eucharistie chaque dimanche.

Pour être franc, il faut dire que c’est encore grâce à sa prière : Quand un pauvre appelle, Dieu écoute !

D’où, chaque dimanche, Jour du Seigneur, lui vient le même étonnement ravi d’Élisabeth : D’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi…

Et l’on sait que ce qui s’est passé en Élisabeth se situe à un niveau plus bas dans le ventre où Jean tressaille de joie en percevant la présence de Jésus dans le sein de Marie.

Tout ceci est bien réel, bien qu’invisible au commun des mortels.

La mission de l'Eglise

Savez-vous que le missel romain est désespéré ? !

Il pense aux Ghislaine qui attendent la visite de Marie porteuse du Sauveur. N’est-ce pas la mission de l’Église aujourd’hui ?

Or le Missel détient une bénédiction qu’on ne lui demande jamais.

Pas une bénédiction pour les malades ou les personnes âgées qui ne peuvent plus venir à l’église mais pour ceux et celles qui leur portent la communion.

En effet, quand on célèbre le repas du Seigneur, les premiers qui doivent être servis ce sont les absents.

Et comme ils ne sont pas là, le Missel romain qui se règle sur le commandement de l’Amour du Seigneur, appelle les fidèles présents soucieux des absents à venir les premiers recevoir l’Eucharistie à leur intention et ils reçoivent la bénédiction du Christ : Que le Seigneur vous bénisse, car vous allez distribuer à vos frères et sœurs le pain qu’il a partagé pour eux.

 

Alors, ensuite, comme des gens bien élevés dans l’esprit de l’Evangile, les personnes présentes dans l’église peuvent s’avancer à leur tour pour recevoir la « Communion ».

En ce temps de pandémie que nous ressentons comme interminable où l’on comptabilise au trébuchet ceux qui peuvent entrer à la célébration moyennant inscription, ne croyez-vous pas qu’une réflexion s’impose ?

La communauté peut-elle consentir à se laisser déplumer des présents et des absents… ?

Et si cette épreuve du coronavirus avait au moins servi, quand le confinement aura cessé, à nous rapprocher de ceux et celles pour qui le confinement est une réalité sans fin.


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