Opinion : « Deuils muselés »


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Opinion : « Deuils muselés »
Par La rédaction
Publié le
2 min

Au nom de tous ceux qui ont vécu un deuil pendant la pandémie.

 

Voilà déjà une année que beaucoup de familles ont été contraintes de vivre un temps de deuil inhumain et distant, doublement douloureux.
A la peine de perdre un être cher s’ajoute une peine plus discrète, plus invasive qui ne blesse pas seulement le cœur mais aussi tout le corps.
Et les promesses de revivre une célébration « normale » un peu plus tard, quand les mesures sanitaires le permettront, s’envolent !

Permettre de se retrouver à l’église avec ses proches est pour beaucoup d’entre nous un moment très important dans le processus de deuil. Dans les grands espaces aérés comme nos églises, on est très loin des dangers de proximité !
Mais nos dirigeants n’ont aucun respect envers les cultes…
Certains n’ont même pas pu vivre l’au-revoir auprès de leur proche…inacceptable, inhumain, deuil muselé !
Se relever après un décès dans « l’ambiance Covid », dans une atmosphère peu positive, en manque de projets, peu entourés est aussi un chemin semé d’embûches.

Mon mari, atteint d’une très éprouvante maladie neurodégénérative, décède mi-juin 2020.
Il avait soigneusement anticipé son départ prématuré et inévitable. Nous avons ensemble pensé à l’après et préparé en partie sa messe de funérailles…
Il est heureusement décédé à la maison ce qui nous a permis d’avoir des visites.

Mais le souvenir de ces visites de mes proches masqués, cachés derrière ce fichu masque, distants et apeurés me revient encore régulièrement en mémoire et me blesse profondément, au plus profond de mon corps.
Il y avait bien entendu, derrière ces visages muselés, beaucoup de compassion et de chaleur humaine. Mais comment les percevoir et les vivre sans pouvoir être consolés dans les bras l’un de l’autre, avec une distance glaçante qui avait un sacré goût de froideur !
Ces visites et la cérémonie « muselées » sont encore enfouies en moi comme une terrible blessure. Encore aujourd’hui, chaque fois que je vois un de mes proches masqués, ma gorge se noue, les émotions me reviennent aussitôt !

Pas toujours évident de comprendre ces blessures profondes et enfouies qui génèrent lentement des dégâts intérieurs.
Puissent ces quelques mots et partage de nos vécus aider certains à mieux avancer sur le chemin de la paix intérieure et de la sérénité.

N’hésitez pas à partager auprès de personnes endeuillées. Si ces quelques mots peuvent panser les maux, l’horizon sera plus ensoleillé.

Sophie

 

 

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