L’Enseignement catholique et la crise sanitaire en région liégeoise


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L’Enseignement catholique et la crise sanitaire en région liégeoise
Par Diocèse de Liège
Publié le - Modifié le
3 min

Comment nos écoles catholiques vivent-elles la crise sanitaire actuelle au niveau du diocèse de Liège? Nous avons posé la question à plusieurs responsables dans ce domaine: Mathieu Drieskens, Ingrid Busa et Isabelle Charon.

Mathieu Drieskens, vous êtes professeur de sciences religieuses à Helmo/Sainte-Croix. Comment vos étudiants ont-ils réagi à l’apparition de la pandémie?

Ils ont d’abord été préoccupés par l’organisation de leur formation puisqu’on leur avait annoncé la suspension des cours. Mais je leur ai expliqué la technique à suivre en visioconférence. Leur inquiétude s’est alors vite estompée et je n’ai noté aucune absence aux cours donnés en streaming.

Au plan religieux, vos étudiants se sont-ils demandés quelle pouvait être la responsabilité de Dieu dans ce phénomène?

Un cours avait été donné sur les différents visages du Dieu biblique. Les étudiants étaient préparés à déresponsabiliser Dieu de toute intervention négative dans le phénomène Covid. Il n’était plus nécessaire de réfléchir à nouveau sur des questions telles que : Pourquoi Dieu n’a-t-il pas stoppé la plaie ? Nous aurait-il abandonnés?

Ingrid Busa, vous êtes conseillère pédagogique dans le diocèse de Liège et membre du Segec. Comment le Segec a-t-il réagi à l’annonce de l’extension de l'épidémie amorcée à Wuhan en pandémie?

Cette menace a suscité un grand émoi. Une onde de choc a "pétrifié" les responsables. Assez rapidement, la décision fut prise de trouver une solution grâce au numérique et de former les enseignants à ces différents outils. Dès septembre, tous les professeurs ont été assidus aux formations en vue de rendre leurs enseignements le plus vivant possible.

A-t-on connu quelques "surprises" inhérentes à ce type d’enseignement?

Malgré certaines difficultés de communication et quelques problèmes techniques, un apport positif de la pédagogie à distance a été la découverte par certains parents de l’importance éducative de l’école. Les "profs" ne sont pas que des transmetteurs de savoirs. Les parents ont réalisé que l’école est aussi un lieu de socialisation. Ils ont mieux réalisé combien leurs enfants ont été pris en charge par des professeurs attentifs à chacun de leurs élèves.

Au plan plus spécifiquement religieux, que s’est-il passé dans les écoles?

La pastorale scolaire a fort bien fonctionné. Professeurs et élèves ont éprouvé le besoin d’échanger sur des questions de "sens". Comment lier la pandémie au message évangélique? Quelles questions philosophiques pose la Covid et comment y apporter une réponse satisfaisante? Toutes les écoles catholiques se sont engagées à fond dans ces démarches.

Propos recueillis par Jean-Philippe KAEFER

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L’exemple de Remouchamps

Isabelle Charon, vous êtes sous-directrice des Instituts St-Joseph et St-Raphaël à Remouchamps. Comment vos enseignants ont-ils réagi à la pandémie?

Au début, ils n’étaient guère tracassés par les chiffres de la maladie. Mais dès que l’épidémie se transforma en pandémie, une certaine panique s’est fait sentir. Cela n’a pas toujours été facile de trouver la manière de réagir face aux diverses attitudes émotionnelles, surtout lorsque la fermeture des écoles a été décrétée.

Comment avez-vous procédé assurer le meilleur fonctionnement possible de vos établissements?

Il a fallu rassurer par des moyens concrets. Tous les professeurs ont décidé de soigner au maximum la communication avec les élèves. Nous avons consacré trois journées à nous former au télétravail. Cela nous a permis d’installer une plateforme de communication à partir de laquelle les titulaires ont pu garder un contact régulier avec chaque élève.

Quels sont les résultats de cette organisation?

L’organisation du travail a produit ses fruits. Les élèves sont restés "accrochés" à leurs apprentissages. Le fait de ne plus assez se retrouver en un lieu communautaire a parfois engendré des problèmes disciplinaires. Pour les jeunes, l’école reste pratiquement le seul lieu de socialisation. Lorsqu’ils s’y retrouvent, leur principal objectif est de reconsolider leurs liens. Du même coup, des moments de dissipation s’installent dans les classes, au détriment de la progression des apprentissages.

JPK

Lisez la version longue de cet article en cliquant sur le lien ci-après: https://www.cathobel.be/2021/02/lecole-catholique-face-au-corona-virus/

Catégorie : Eglise Belgique

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